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Les exportations de pétrole du Moyen-Orient sont au plus haut depuis le début de la guerre: pourquoi les cours continuent de grimper alors que l'offre de brut augmente

📅 30/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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Industrie Énergie

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Les exportations de pétrole du Moyen-Orient sont remontées à 16,3 millions de barils par jour en septembre, leur plus haut niveau depuis le début de la guerre et plus de 83% de leur niveau de février. Une reprise qui ne suffit pourtant pas à faire baisser les cours car Ormuz reste fortement perturbé, le transport du brut coûte très cher et les marchés redoutent toujours une nouvelle escalade entre Washington et Téhéran. Les volumes reviennent, mais pas les prix d'avant-guerre. Les exportations de pétrole du Moyen-Orient ont retrouvé en septembre leur plus haut niveau depuis le début du conflit avec l'Iran fin février. Le Brent continue pourtant de progresser. Ce mardi matin, le baril de Brent gagnait encore 1,4% à 106,77 dollars, après avoir déjà progressé lundi. Le WTI américain avançait de 1,5% à 93,94 dollars. Les inquiétudes sur l'approvisionnement au Moyen-Orient continuent donc de soutenir les cours malgré le redressement des exportations. Les chiffres de Kpler publiés lundi et cités par Reuters montrent pourtant une nette amélioration. Les principaux producteurs du Moyen-Orient devraient exporter 16,328 millions de barils de brut par jour en septembre, leur niveau le plus élevé depuis le déclenchement de la guerre le 28 février. En février, dernier mois avant la guerre, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'Irak, Oman, le Qatar, le Koweït et l'Iran exportaient ensemble 19,513 millions de barils par jour. Les volumes de septembre représentent donc plus de 83% de ceux de février. Il manque encore 3,185 millions de barils par jour, mais une grande partie des volumes perdus depuis le début de la guerre est revenue sur le marché. L'Arabie saoudite remet près de 3 millions de barils par jour sur le marché L'Arabie saoudite explique une grande partie de cette reprise. Ses exportations devraient atteindre environ 5,4 millions de barils par jour en septembre, contre seulement 2,446 millions en août. En l'espace d'un mois, Riyad a donc augmenté ses expéditions de près de 3 millions de barils par jour. Cette hausse de l'offre devrait, en théorie, orienter les cours à la baisse. Or ce n'est pas le cas, on observe même une remontée des cours depuis quelques jours. Car les traders ne regardent pas seulement le nombre de barils qui arrivent aujourd'hui sur le marché. Ils évaluent aussi les conditions dans lesquelles ils sont transportés et surtout la possibilité que ces flux soient de nouveau interrompus. Sur ces deux points, la situation reste très éloignée de celle qui prévalait avant la guerre. Le détroit d'Ormuz reste au centre des inquiétudes. Avant la guerre, cette voie maritime entre l'Iran et Oman était empruntée quotidiennement par environ 125 grands navires commerciaux. Depuis le début du conflit, ce trafic s'est effondré. Les volumes augmentent à nouveau, mais le détroit n'a pas retrouvé son fonctionnement habituel. Kpler évalue à 9,719 millions de barils par jour les exportations de brut liées à Ormuz en septembre, en intégrant notamment les cargaisons qui franchissent le détroit avant d'être transférées sur d'autres navires dans le golfe d'Oman. En contournant les difficultés à Ormuz grâce à des transferts de brut entre pétroliers dans le golfe d’Oman, les producteurs ont fait exploser ces opérations de 160.000 barils par jour en 2025 à 7,2 millions en septembre, selon Kpler. Cette organisation permet au pétrole de sortir de la région. Elle nécessite en revanche beaucoup plus de navires et coûte beaucoup plus cher. La tension sur la flotte a fait monter les tarifs de fret à des niveaux rarement observés. La semaine dernière, le coût de location de certains supertankers avait atteint 1,27 million de dollars par jour. "Moins efficaces et plus coûteuses" C'est l'une des raisons pour lesquelles la hausse des exportations ne se traduit pas immédiatement par une baisse du Brent. "Une image plus claire se dessine, avec davantage de volumes de pétrole quittant le Golfe, mais une grande partie de cette augmentation repose toujours sur des solutions de contournement comme les transferts de navire à navire", explique Tim Waterer, analyste en chef de KCM Trade, cité mardi par Reuters. Ces solutions sont "moins efficaces et plus coûteuses que les opérations normales", poursuit l'analyste, ce qui contribue à maintenir les cours du brut à des niveaux élevés. Le coût du transport d'un baril depuis le golfe Persique vers l'Asie tourne actuellement autour de 30 dollars, selon Kpler, soit environ 10 dollars de plus qu'un départ depuis le golfe d'Oman. Si davantage de pétrole saoudien passe aujourd'hui par Ormuz, ce n'est pas parce que la situation s'y est améliorée. Depuis le début de la guerre, l'Arabie saoudite utilisait surtout son oléoduc East-West pour acheminer son pétrole jusqu'à Yanbu, sur la mer Rouge, et ainsi éviter le détroit. Mais des attaques ont endommagé plusieurs stations de pompage en septembre et les chargements à Yanbu sont interrompus depuis le 11 septembre. Riyad a donc dû renvoyer davantage de pétrole vers ses ports du golfe Persique et le faire passer par Ormuz : 3,6 millions de barils par jour en septembre, contre 900.000 en août. La hausse du trafic dans le détroit est donc en partie la conséquence de la fermeture de la principale route utilisée par les Saoudiens pour le contourner. Reste le facteur qui fait actuellement bouger les cours le plus rapidement : les négociations entre Washington et Téhéran. Donald Trump a rejeté la semaine dernière une proposition iranienne qui prévoyait notamment une réouverture d'Ormuz en échange de plusieurs concessions américaines, dont la levée des sanctions sur le pétrole iranien et du blocus des ports du pays. Or ces déclarations politiques peuvent donc avoir davantage d'effet à très court terme que l'amélioration des flux constatée par Kpler. "Le risque dominant reste le bras de fer entre les États-Unis et l'Iran et ses implications pour les prix de l'énergie et les anticipations d'inflation", soulignent les analystes d'UOB cités mardi par Reuters. Sujets liés : Energie International