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520 heures d'électricité à prix négatifs: la France bat un record, mais pourquoi les factures ne baissent-elles pas?

📅 29/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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La France a déjà connu 520 heures de prix négatifs de l'électricité depuis le début de l'année, un record. Une conséquence de l'abondance de production à certaines heures, que la consommation peine encore à absorber. Mais ces prix sous zéro ne signifient pas pour autant que les factures des Français baissent. La France n'avait jamais connu autant de périodes durant lesquelles l'électricité vaut moins que rien. Depuis le début de l'année 2026 et jusqu'au 27 septembre, le marché français a enregistré 520 heures pendant lesquelles le prix de gros de l'électricité est passé sous zéro, selon les données compilées par Bloomberg . C'est l'équivalent de près de 22 jours cumulés depuis le début de l'année. C'est déjà davantage que sur toute l'année 2025. RTE avait alors recensé 513 heures de prix négatifs, un précédent record, contre 352 heures en 2024 et seulement 147 en 2023. En trois ans, le phénomène a donc pris une ampleur considérable. Et la France se distingue cette année de l'Allemagne. Au 27 septembre, Bloomberg y comptabilisait 463 heures de prix négatifs, contre 511 à la même période de 2025. L'Espagne se situe à l'autre extrême avec 703 heures, en hausse de 31% sur un an. Comment l'électricité peut-elle avoir un prix négatif? Le principe peut surprendre mais sur le marché de gros, le prix de l'électricité varie en permanence en fonction de la production et de la consommation. Or à la différence d'autres sources d'énergie comme le gaz ou le carburant, l'électricité ne se stocke pas. À chaque instant, ou presque, il faut produire autant d'électricité que les consommateurs en utilisent. Lorsqu'il fait très beau et qu'il y a beaucoup de vent, les panneaux solaires et les éoliennes peuvent produire énormément d'électricité au même moment. Si la consommation est faible et que les possibilités d'exportation ou de stockage sont insuffisantes, l'offre devient supérieure à la demande. Le prix de gros peut alors tomber à zéro, puis devenir négatif. Concrètement, sur le marché, les vendeurs d'électricité acceptent alors un prix inférieur à zéro pour écouler leur production. Avec un prix de -20 euros le MWh, vendre un MWh revient théoriquement à verser 20 euros à l'acheteur plutôt qu'à en recevoir. Cela ne signifie toutefois pas que tous les producteurs sortent directement leur chéquier pour continuer à faire tourner leurs centrales. Certains peuvent avoir intérêt à continuer de produire malgré un prix de marché négatif, notamment parce qu'arrêter puis redémarrer une installation peut avoir un coût ou parce que certains dispositifs de soutien peuvent modifier leur intérêt économique à réduire leur production. C'est précisément pour éviter ces situations que les règles évoluent. En France, par exemple, il est désormais possible de demander à certaines grandes installations éoliennes et photovoltaïques bénéficiant de l'obligation d'achat d'arrêter leur production lors des périodes de prix négatifs. Pas assez de consommation Le record français de 2026 est un signal que le pays produit trop d'électricité par rapport à ce qu'elle peut consommer, stocker ou exporter. Les prix négatifs sont d'ailleurs apparus particulièrement tôt cette année, dès février et mars, avant de fortement augmenter en avril. Ce sont la progression de la production solaire et une disponibilité importante du parc nucléaire qui ont contribué au phénomène? Pour autant, est-ce le développement des renouvelables qui pose un problème? Pas selon RTE qui souligne que la multiplication des prix négatifs est favorisée lorsque "l'électrification des usages prend du retard et que la consommation électrique tarde à repartir à la hausse". L'objectif est donc moins de produire moins d'électricité décarbonée que de parvenir à mieux utiliser cette production lorsqu'elle est disponible. Il s'agit donc de mieux faire coïncider la consommation avec les périodes de forte production: recharger les voitures électriques ou faire fonctionner les chauffe-eau en milieu de journée, décaler certaines consommations industrielles ou encore stocker davantage l'électricité dans des batteries ou des stations de pompage. "Les prix négatifs ne sont pas une surprise et des solutions existent pour y répondre. Ils sont le symptôme d'une situation où l'on manque de flexibilité", expliquait ainsi Laurent Néry, directeur des analyses de marché d'Engie, au Monde en mai 2025. Des factures en hausse de 2,5% Ces prix négatifs constituent une bonne nouvelle à court terme pour certains gros consommateurs capables de déplacer leur consommation vers ces heures et pour les particuliers disposant d'offres à tarification dynamique. Mais ils ne signifient pas que les Français bénéficient de centaines d'heures d'électricité gratuite. Mais peuvent-ils malgré tout finir par alléger la facture des Français? Oui, mais de manière indirecte. En faisant baisser le prix moyen de l'électricité sur le marché de gros, l'abondance de production peut réduire une partie des coûts d'approvisionnement des fournisseurs et donc, à terme, exercer une pression à la baisse sur les prix proposés aux consommateurs. Pour autant, ils n'ont pas empêché les factures d'encore augmenter cette année. Au 1er août, le tarif réglementé de l'électricité a progressé de 2,5% en moyenne , malgré ce nombre record d'heures à prix négatifs. En cause notamment: la hausse des coûts du réseau et de ceux nécessaires pour garantir suffisamment d'électricité lors des périodes de forte consommation. De plus cette hausse "doit notamment permettre d'investir dans le maintien de capacités de production pour la saison hivernale et l'entretien de nos réseaux publics d'électricité, dont chacun a pu mesurer l'importance lors des épisodes de chaleur extrême", a indiqué en août le ministère de l'Énergie. Sujets liés : Energie