📄 Contenu
Commercialisée sous la barre des 26.000 euros, la Leapmotor B05 veut rebattre les cartes sur le marché des berlines compactes électriques. Après une semaine d'essai et plus de 300 kilomètres parcourus en région parisienne, la chinoise impressionne par son contenu technologique et son efficience, malgré quelques choix d'ergonomie radicaux et une autonomie sur autoroute limitée avec la petite batterie.
Au milieu d'un paysage automobile saturé de SUV, la berline compacte se fait finalement de plus en plus rare. Mais après
la MG4 Urban
, c'est une autre marque chinoise qui décide de proposer un modèle dans ce format de carrosserie et en l'occurrence Leapmotor avec sa nouvelle B05.
Pour rassurer les acheteurs européens, le jeune constructeur peut compter sur un allié de poids: le géant Stellantis (avec ses marques comme Peugeot, Citroën ou Fiat), qui gère la distribution et l'après-vente sur le Vieux Continent. Une stratégie qui porte ses fruits, avec déjà plus de 4.700 immatriculations enregistrées en France depuis le début de l'année. Un volume qui hisse Leapmotor sur le podium des constructeurs chinois dans l'Hexagone sur le 100% électrique, et même au premier rang sur le canal des clients particuliers.
La Leapmotor B05. © JB
Des faux airs de "grosse Golf" et un habitacle moderne
La Leapmotor B05. © JB
Sur le plan du style, l'intégration du pack de batteries sous le plancher surélève légèrement l'ensemble, lui donnant de faux airs de "grosse Golf". Un détail apporte toutefois une touche presque premium à la silhouette: ses portes sans cadre. Longue de 4,43 mètres, elle propose un habitacle chaleureux où la présentation surprend agréablement.
Les assemblages sont sérieux, avec des plastiques souples habillant la partie haute de la planche de bord et une console centrale garnie de rangements pratiques. L'empattement généreux offre un bel espace aux jambes pour les passagers arrière, mais ce volume intérieur se paye au niveau du coffre: avec seulement 345 litres de capacité utile, la B05 se situe dans la moyenne basse du segment.
La Leapmotor B05. © JB
L'esprit "smartphone" et la technologie poussée à l'extrême
Inspirée par la philosophie d'acteurs ultra-connectés comme Tesla ou Xpeng, la B05 pousse le tout-numérique à son paroxysme. L'imposant écran central de 14,6 pouces regroupe l'essentiel des commandes, épaulé par une caméra à 360 degrés d'une netteté irréprochable et des aides à la conduite abouties. Le système d'aide au centrage dans la voie (LCC) propose même un changement de voie automatique (ALC) très réactif dès que l'on actionne le clignotant.
L'intérieur épuré et techno de la Leapmotor B05. © JB
Cette épuration a pourtant ses limites en matière d'ergonomie au quotidien. Le volet du toit panoramique ne dispose d'aucun bouton physique et impose de passer par la tablette tactile ou la commande vocale.
De même, notre modèle d'essai dépourvu de clé classique imposait de badger avec une carte NFC sur le rétroviseur extérieur côté conducteur. Une manipulation peu pratique lorsqu'il s'agit juste d'ouvrir la voiture pour déposer un sac côté passager, rappelant que la B05 est avant tout pensée pour être déverrouillée à distance depuis son smartphone (ce que nous avons pu confirmer lors de
notre essai du petit SUV B03X
).
Douceur en ville et sobriété canon, mais limite sur autoroute
Sur la route, la B05 offre une conduite très douce grâce à un silence de fonctionnement exemplaire. Le confort général est satisfaisant, bien que l'amortissement se montre un peu ferme à basse vitesse, imposant d'aborder les ralentisseurs avec une certaine prudence. Avec son moteur de 218 chevaux transmis aux roues arrière, les relances sont vives.
La Leapmotor B05. © JB
En bémol, la marque vante une "berline sportive" et propose même un mode "Launch Control" avec une animation ludique au combiné d'instrumentation. Toutefois, avec 1.749 kg sur la balance, l'exercice amuse sans procurer de poussée brutale, malgré un 0 à 100 km/h bouclé en 6,7 secondes. C'est en ville et sur voies rapides que la chinoise brille le plus, signant une consommation moyenne canon de 12,9 kWh/100 km lors de notre essai.
Revers de la médaille, la petite batterie de 56,2 kWh avoue rapidement ses limites sur voies rapides : calé à 130 km/h sur autoroute, il faut compter à peine 150 km d'autonomie utile entre deux recharges rapides (de 80% à 10%). Pour les longs trajets réguliers, il faudra impérativement privilégier la déclinaison à grande batterie de 67,1 kWh (482 km WLTP).
Un positionnement tarifaire imbattable
C'est au chapitre financier que la Leapmotor B05 assène son coup le plus fort. Proposée dès 25.400 euros en version d'accès Life Pro (56,2 kWh), elle ne réclame que 27.400 euros pour bénéficier de la grande batterie de 67,1 kWh (et 28.400 euros dans sa finition haut de gamme Design ProMax).
Face à elle, la concurrence a du souci à se faire. Certes, la
MG4 Urban
démarre encore plus bas, sous la barre des 20.000 euros dans sa version d'accès avec son gabarit de 4,39 mètres, mais à niveau d'équipement, de puissance et de batterie équivalents, la B05 reste extrêmement agressive.
Du côté des références européennes, la facture s'envole : une Volkswagen ID.3 Neo réclame au minimum 34.990 euros, tandis que la Renault Mégane E-Tech démarre désormais à 37.500 euros. Même une fois le bonus écologique déduit sur ces deux rivales, la B05 conserve un avantage de 5.500 à 8.000 euros à l'achat. Malgré ses quelques défauts d'ergonomie, elle offre un rapport prix-prestations-équipements tout simplement imbattable.
Où en est la gamme Leapmotor en France?
Commercialisée aux côtés de la
citadine T03
et des SUV
B10
et
C10
, la B05 s'inscrit dans l'offensive produit de la marque chinoise adossée à Stellantis. Elle arrive en concession en même temps que le
SUV urbain B03X
de 4,27 mètres. La marque accélérera encore au Mondial de l'Auto avec l'annonce de la citadine B03 et du grand SUV D19, décliné en 100% électrique et avec un prolongateur d'autonomie thermique (EREV).
Sujets liés :
Essais