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Pas de "cagnotte" fiscale avec le carburant mais un jackpot sur le gaz? L'État pourrait engranger 200 millions d'euros supplémentaires avec la flambée des prix

📅 28/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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TOTALENERGIES (TTE.PA) ENGIE (ENGI.PA)

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Industrie Finance Consommation Énergie Services aux collectivités Services de communication Services publics

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Contrairement aux carburants, dont la flambée des prix a finalement fait perdre des recettes fiscales à l'État, la hausse du gaz pourrait lui rapporter. Selon les calculs de BFM Business, près de 200 millions d'euros de recettes supplémentaires pourraient être engrangés en 2026, principalement grâce à la TVA. Et si la vraie "cagnotte" fiscale se trouvait du côté du gaz? L'État n'a finalement pas encaissé de recettes supplémentaires sur les carburants depuis le début de la crise mais la question se pose désormais du côté de l'énergie. Car la flambée des prix à la pompe n'a pas produit l'effet d'aubaine parfois prêté à l'État. Au 20 septembre, les recettes fiscales tirées des carburants avaient au contraire diminué de 407 millions d'euros par rapport à la même période de 2025 , selon les chiffres communiqués par le ministre des Comptes publics David Amiel. Dans le détail, la hausse des prix a bien généré 710 millions d'euros de TVA supplémentaires. Mais ce gain a été plus que compensé par une chute de 1,117 milliard d'euros des recettes d'accises. Du côté du gaz, la hausse des prix pourrait en revanche rapporter davantage à l'État. Le prix de gros du gaz européen (TTF) a plus que doublé depuis le début de l'année, passant d'environ 30 euros le MWh à près de 80 euros mi-septembre, son plus haut niveau depuis début 2023. Il évolue encore autour de 70 à 75 euros le MWh fin septembre. Selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE), la facture devrait augmenter de 10% en moyenne cette année pour les 6 millions de ménages dont l'offre est indexée sur le prix repère du gaz. Aux prix actuels du gaz, et si les températures cet hiver restent dans les normales de saison, le surplus de recettes fiscales pour l'État avoisinerait les 200 millions d'euros en 2026, selon les calculs de BFM Business. L'essentiel viendrait de la TVA: contrairement à l'accise sur le gaz, calculée en fonction des volumes consommés, la TVA est proportionnelle au montant de la facture. Une hausse de 10% du prix payé par les ménages se traduit donc mécaniquement, à consommation identique, par davantage de TVA encaissée par les finances publiques. Cette estimation reste toutefois très dépendante de la consommation. Le chauffage représente l'essentiel de l'usage résidentiel du gaz: un hiver plus doux réduirait les volumes consommés et donc à la fois les factures et les recettes fiscales. Même effet si les ménages baissent leur thermostat ou réduisent leur consommation pour absorber la hausse des prix. À l'inverse, un hiver plus froid pourrait augmenter les recettes au-delà de cette estimation. Tirer de l'argent de la situation Plusieurs variables sont en jeu comme le rappelle Marin Gillot, expert énergétique chez Strategic Perspectives. "La fiscalité du gaz comprend notamment la TVA, qui est proportionnelle à la facture des ménages. Et l'accise sur le gaz, qui dépend de la consommation. Donc, en fonction de la manière dont les ménages décident de moduler leurs comportements vis-à-vis du prix, cela va évidemment affecter la capacité de l'État à tirer de l'argent de cette situation." En cas de surplus, certains appelleront sans doute – comme pour les carburants – à redistribuer ces montants. Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'à l'image du plafonnement des prix à la pompe de Totalenergies, Engie vient d'annoncer une aide exceptionnelle de 75 euros pour ses clients les plus modestes. Elle sera versée aux bénéficiaires du chèque énergie, soit environ 720.000 clients, ce qui représente une enveloppe de 54 millions d'euros pour l'énergéticien. Dans tous les cas, la hausse des prix du gaz devrait relancer le débat autour de la fiscalité de l'énergie. Car celle-ci apparaît aujourd'hui en décalage avec l'objectif affiché par la France et l'Union européenne, à savoir réduire progressivement l'utilisation des énergies fossiles et électrifier davantage les voitures, le chauffage ou encore l'industrie. "Il y a une volonté affichée de la part du gouvernement et puis de la part de l'Union européenne notamment de transformer nos usages vers de l'électricité. Et là où le bât blesse, c'est qu'on voit que la taxation sur l'électricité est deux fois plus élevée que celle sur le gaz. On comprend bien qu'il y a un enjeu de cohérence." Le Conseil des prélèvements obligatoires a récemment recommandé d'alourdir les taxes sur le gaz pour baisser celles sur l'électricité. Depuis le 1er août, l'accise payée par les ménages s'élève ainsi à 24,69 euros par MWh pour l'électricité, contre 10,73 euros par MWh pour le gaz. Autrement dit, cette taxe est plus de deux fois plus élevée sur l'énergie vers laquelle les pouvoirs publics cherchent justement à orienter les consommateurs. Sujets liés : Energie