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Malgré la concurrence, les Espagnols prennent moins les trains à grande vitesse: la compagnie nationale Renfe creuse ses pertes au premier semestre

📅 28/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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L'opérateur essuie un déficit net de 111 millions d'euros entre janvier et juin quand la SNCF affiche plus d'un milliard de bénéfices. Outre la baisse sensible du nombre de clients, la Renfe fait face à de nombreux vents contraires. Le retour en grâce du rail en Europe est une réalité mais la situation commerciale et financière des compagnies ferroviaires reste très contrastée pour les six premiers mois de l'année. Si la SNCF enchaîne les résultats records (1,2 milliard de bénéfices nets au premier semestre), portée par le succès commercial de ses TGV, ses concurrents en Italie et en Espagne font la grimace. Trenitalia affiche 200 millions d'euros de pertes nettes plombée par l'international tandis que la Renfe essuie un déficit de 111 millions sur la même période, en hausse de 36% sur un an. Chez nos voisins, on trouve un facteur baissier commun: le repli du trafic voyageurs malgré un contexte concurrentiel. En Italie, le nombre de clients dans les trains à grande vitesse se replie de 0,6% (en passager/kilomètre), en Espagne, la baisse est même de 13,1% et les recettes du train à grande vitesse chutent de 12% à 609 millions d'euros, contre environ 690 millions d'euros un an plus tôt. Cette baisse très sensible est d'abord la conséquence de l'accident d'Adamuz qui a entraîné la fermeture des liaisons entre Madrid et l'Andalousie pendant un mois, de l'effondrement d'un mur à Álora qui a prolongé les perturbations sur la ligne de Malaga jusqu'en avril, et des limitations de vitesse sur le corridor à grande vitesse de Barcelone dues aux déboires techniques du nouveau train à grande vitesse Avril dont plusieurs exemplaires ont été retirés du service. De quoi entamer la confiance des clients. En Italie aussi Sur les principaux marchés de la grande vitesse en Espagne, les voyants sont le rouge. Rien qu'au deuxième trimestre, le nombre de passagers a baissé de 13% sur l'axe Madrid–Barcelone, de 4% sur la ligne Madrid–Valence ou encore de 5% sur l'axe Madrid–Séville, avec partout une baisse du nombre de sièges proposés, selon les chiffres du régulateur. Au total, le nombre de passagers transportés par Renfe au premier semestre a atteint 248,2 millions, soit près de 30 millions de moins sur un an. L'entreprise publique estime néanmoins que ses revenus se redressent progressivement depuis le deuxième trimestre et se dit confiante quant à la poursuite de cette tendance. Il n'empêche. Alors que l'ouverture à la concurrence est souvent citée comme levier pour faire grossir l'offre et donc le trafic, en Italie ou en Espagne, les chiffres ne vont pas dans ce sens. De l'autre côté des Alpes, le trafic global en 2025 n'avait toujours pas retrouvé son niveau antérieur à la crise du covid, et en Espagne, après un fort rebond entre 2019 et 2024, dû notamment à Ouigo Espagne, le trafic a stagné en 2025 par rapport à 2024 selon Eurostat. Outre la filiale de la SNCF, la Renfe est concurrencée sur son marché par Iryo, entreprise codétenue par Trenitalia. La France par contre affiche une hausse très sensible du trafic entre 2019 et 2025. Une guerre des prix dénoncée Et si l'ouverture du marché est synonyme de baisses de prix pour le consommateur, elle se traduit en Italie et en Espagne par des pertes pour les nouveaux entrants et des difficultés pour les acteurs historiques. L'an passé, Ouigo Espagne affichait encore 19 millions d'euros de déficit, sa 4e année consécutive dans le rouge, malgré une hausse de 43,7% de ses revenus à 235,7 millions d’euros. La Renfe était dans le rouge en 2023 (63 millions) et 2024 mais générait un bénéfice de 60 millions l'an passé. Reste à savoir si le second semestre 2026 sauvera l'année. Cette situation interroge d'ailleurs le ministre espagnol des transports. Pour Oscar Puente, les difficultés de la compagnie nationale sont bel et bien la conséquence de l'ouverture du marché. "La libéralisation présente deux avantages indéniables: la baisse des prix et l'amélioration du service, mais au-delà, ce ne sont que des problèmes. Nous sommes passés d'une seule entreprise gagnant 150 millions d'euros par an à trois entreprises perdant 230 millions d'euros, car le marché ne permet pas de tels prix bas. Auparavant, elle nous fournissait une réserve financière pour financer les services publics déficitaires, et maintenant, cet argent provient directement des impôts", a-t-il dénoncé. Pour aller plus loin -> Un futur concurrent de la SNCF en a commandé: le TGV espagnol Avril vire à la catastrophe industrielle Sujets liés : Transports Olivier Chicheportiche Union européenne Entreprises