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Avant de lancer ses trains à grande vitesse dans le tunnel sous la Manche, Richard Branson (Virgin) rêvait plutôt de relancer le Concorde mais il s'est brisé les ailes

📅 27/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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Pendant des années, le milliardaire a tenté de racheter un ou plusieurs exemplaires du mythique avion supersonique et de relancer des vols entre Londres et New York. En vain. Le 31 mai 2003, Concorde réalise son dernier vol commercial supersonique avec les couleurs d'Air France entre Paris et New York. Le mythique avion doit tirer sa révérence, faute de ne plus être adapté aux contraintes économiques de l'aviation civile et de l'environnement, et après le dramatique accident de juillet 2000 juste après son décollage de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, provoquant la mort de 113 personnes. Le seul accident de son histoire. La fin de Concorde marque les esprits car il met un terme à une avancée aéronautique majeure: la possibilité de voler à la vitesse du son pour des vols civils, mettant les États-Unis à quelques heures de l'Europe. Parmi les déçus, Richard Branson, le fondateur de l'empire Virgin. Très vite, le milliardaire n'a qu'une idée en tête: relancer Concorde, comme le raconte Simpleflying . Pendant des années, il tente de racheter un ou plusieurs exemplaires de l'appareil et de relancer des vols entre Londres et New York. Il se tourne vers British Airways, la seconde compagnie aérienne à exploiter Concorde, proposant jusqu'à 5 millions de livres sterling de l'époque par appareil. Avec sa compagnie aérienne Virgin Galactic, Branson avait l'idée d'acheter cinq appareils, dont trois pour les pièces détachées et deux pour des vols vers Dubaï, Washington, New York et la Barbade. Tournure politique Malgré les efforts du milliardaire, British Airways a systématiquement refusé de céder ses Concorde (qui finiront dans des musées). Au point que l'affaire prenne une tournure politique. Le patron de Virgin en appelle au gouvernement britannique. Un porte-parole déclare alors: "C'est une honte pour le secteur aérien, une industrie que nous aimons tous. Rien ne justifie que ces avions ne puissent pas continuer à voler, sous une forme ou une autre, pour la nation". Il affirme par ailleurs qu'une clause contractuelle obligeait British Airways à autoriser une autre compagnie aérienne à exploiter la flotte supersonique si elle jugeait que celle-ci n'était plus viable. Une clause qui n'a jamais pu être vérifiée, "il n'appartient pas au gouvernement de décider de l'arrêt de l'exploitation du Concorde ni de la cession des appareils concernés", réagissait alors la ministre de l'Industrie et du Commerce. Virgin tente alors sa chance auprès d'Airbus, sans résultats. Mais Sir Richard Branson n'abandonne pas son rêve supersonique. En 2016, Virgin signe un partenariat avec l'américain Boom Supersonic. Cette start-up développe depuis 2014 l'Overture, un avion supersonique pouvant embarquer 70 personnes pour des liaisons transocéaniques à une vitesse de 1.7 Mach (contre 2.2 pour le Concorde). Elle a réalisé une levée de fonds de 100 millions de dollars en 2019, et a reçu 130 pré-commandes de la part de compagnies américaines et japonaises. Elle dispose aujourd'hui de sa propre super-usine d'assemblage et c'est certainement le projet industriel le plus avancé en la matière. Overture, l'avion supersonique de Boom © Boom Supersonic "Je suis depuis longtemps passionné par l'innovation aérospatiale et le développement de vols commerciaux à grande vitesse. Pour Virgin Galactic, acteur innovant du secteur, la décision de travailler avec Boom s'est imposée naturellement. Nous sommes ravis de disposer d'une option sur les dix premiers appareils de Boom. Par l'intermédiaire de The Spaceship Company, la branche de fabrication de Virgin Galactic, nous fournirons des services d'ingénierie et de production, ainsi qu'un soutien aux essais en vol et aux opérations, dans le cadre de nos ambitions communes", se félicitait-il à l'époque. Un accord avec Boom Supersonic qui fait flop Branson soulignait à quel point l'arrêt du Concorde constituait une sorte de retour en arrière technologique, une première en matière d'aéronautique civile. Et que l'Overture pouvait corriger les gros points faibles de l'appareil. "Soixante ans après l'avènement de l'ère du jet, nous volons toujours aux vitesses des années 1960. Les concepteurs du Concorde ne disposaient pas de la technologie nécessaire pour rendre le voyage supersonique abordable, mais nous, oui". Pourtant, malgré les avancées concrètes de Boom, le patron de Virgin jette l'éponge en 2020, l'accord passé arrive à expiration et il n'est pas renouvelé. La start-up américaine évoque alors une séparation d'un commun accord sans autres détails. Selon les observateurs, Virgin aurait été refroidie par la capacité de l'Overture, trop faible (et inférieure à celle du Concorde) pour envisager la rentabilité. Virgin affirme "suivre de près les évolutions dans le domaine des modes de transport aérien durables et à grande vitesse". En attendant, elle préfère se tourner pour le moment vers les trains à grande vitesse. Virgin devrait en effet concurrencer en 2030 les TGV d'Eurostar dans le tunnel sous la Manche et Richard Branson promet comme à son habitude une offre disruptive et à bas coûts. 2030, c'est également l'année que vise Boom Supersonic pour mettre en service son avion supersonique... De quoi infliger à Sir Branson de nouveaux regrets? Sujets liés : Aéronautique Transports Industries Entreprises