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Il n'a pas une goutte de pétrole mais son essence est à 1,08 euro le litre: le Japon a une astuce pour maintenir son carburant abordable (il paie des milliards)

📅 24/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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Face à l'envolée des prix à la pompe, deux stratégies s'opposent à l'échelle mondiale pour protéger le portefeuille des ménages: intervenir directement sur les tarifs ou exploiter ses propres gisements. Alors que l'Europe étouffe sous la fiscalité, le Japon réussit l'exploit de maintenir son essence sous la barre des 1,10 euro le litre sans la moindre ressource pétrolière sur son sol. Du verrou chinois aux subventions massives de l'Opep, tour d'horizon des recettes mondiales contre la crise des carburants. Pour échapper à la crise des carburants et maintenir des tarifs abordables, la recette semble en apparence évidente: disposer d'une production pétrolière nationale. C'est le privilège des États-Unis, du Canada ou des pays du Golfe, qui s'appuient sur une matière première abondante pour proposer un litre à la pompe oscillant entre 0,60 euro et 1,10 euro. Pourtant, un pays brise totalement ce dogme. Le Japon enregistre l'essence la moins chère du G7 derrière les deux géants producteurs nord-américains, avec un tarif moyen stabilisé autour de 1,08 euro le litre de sans-plomb, comme le souligne un article des Échos . L'archipel nippon prouve ainsi qu'un État peut faire chuter la facture sans posséder la moindre goutte de brut dans son sous-sol. Une facture de 10 milliards d'euros assumée sans polémique budgétaire Pour contenir l'inflation à la pompe, Tokyo alimente régulièrement un fonds spécial dit "de mitigation" à coups de rallonges budgétaires. La facture globale s'annonce colossale, avec plus de 1.070 milliards de yens (près de 6 milliards d'euros) engagés depuis le printemps, et devrait approcher les 10 milliards d'euros d'ici à la fin de l'année. Alors que la France s'inquiète du moindre dérapage de son déficit, le Japon affiche pourtant une dette publique record supérieure à 200% du PIB. Mais contrairement au contexte européen, cette dépense publique ne suscite aucun débat politique ni rejet dans l'opinion. Cette sérénité s'explique en partie par une dette souveraine détenue à 90% par des investisseurs institutionnels locaux, comme la banque centrale, les banques et les fonds de pension nippons. Verrou chinois à deux niveaux Hors du G7, la Chine applique une méthode tout aussi singulière pour protéger ses automobilistes tout en régulant sa consommation. Pékin ajuste les prix plafonds tous les dix jours ouvrés, mais active un double verrou: si le baril mondial dépasse 130 dollars, l'État gèle les tarifs et compense les raffineurs publics, tandis qu'en dessous de 40 dollars, les baisses sont stoppées au profit d'un fonds de transition énergétique. La Chine s'appuie pourtant sur sa propre extraction, figurant parmi les cinq premiers producteurs mondiaux avec plus de 4 millions de barils extraits chaque jour. Mais face à une consommation gigantesque qui l'oblige à importer près de 70% de ses besoins en brut, Pékin n'a d'autre choix que d'encadrer strictement son marché intérieur. Ce mécanisme permet de maintenir l'essence autour de 1,05 euro le litre, bien loin des sommets enregistrés en Europe où le SP95-E10 grimpe en moyenne à 2,14 euros en France et frôle les 2,28 euros en Allemagne sous le poids de taxes représentant plus de 55% du prix final. Cette régulation chinoise rejoint la volonté des pays de l'Opep de protéger leur marché intérieur, à l'image de l'Algérie où l'or noir national et les subventions ramènent le litre sous les 0,30 euro. À l'inverse, le Maroc offre l'exemple d'un pays non producteur ayant fait le choix de libéraliser son marché dès 2015: sans gisement ni bouclier tarifaire, le prix moyen y dépasse 14 à 15 dirhams le litre, soit environ 1,35 euro à 1,40 euro, démontrant l'impact d'un alignement direct sur les cours mondiaux. Sujets liés : Energie Conso Auto