📄 Contenu
Roland Lescure défend des aides ciblées et prolongées face à la hausse des carburants, tout en insistant sur l'importance de réaliser des économies budgétaires pour contenir le déficit public à 5% en 2027 sans pénaliser la croissance.
Roland Lescure, le ministre de l'Économie, dit "entendre l'inquiétude des Françaises et des Français" concernant la flambée des prix des carburants, mais défend sa politique d'aides ciblées alors que la hausse des prix à la pompe a alimenté des appels à manifester.
"J'entends déjà ceux qui soufflent sur les braises. Certains appellent à descendre dans la rue. Malheureusement, ce ne sont pas les manifestations qui vont rouvrir le détroit d'Ormuz. On va continuer à piloter les aides du mieux possible pour éviter que ça nous coûte une fortune (...) en se concentrant sur ceux qui ont le plus besoin", a-t-il expliqué à BFMTV, ce vendredi, en jugeant "qu'au final, ce sont les contribuables qui paieront" le coût des aides.
Le ministre du Commerce Serge Papin a parallèlement indiqué que
l'aide gouvernementale sur les carburants ciblée sur les "gros rouleurs"
, initialement prévue jusqu'au 30 septembre, ne "s'arrêtera pas" à cette date. Le gouvernement a annoncé le prolongement des aides jusqu'en décembre pour les secteurs les plus touchés, et le relèvement de celles pour les pêcheurs de 25 à 35 centimes par litre.
"Des efforts importants partout"
Dans le même temps, le ministre de l'Économie insiste pour contrôler le déficit public, alors que Sébastien Lecornu a annoncé jeudi prévoir un
effort de 54 milliards d'euros sur les dépenses publiques en 2027
pour contenir le déficit public à 5% l'an prochain contre 5,4% cette année.
"En 2026, on a été affectés par des chocs internationaux, des chocs nationaux, ce qui se
traduit par une croissance divisée par deux
, de 1% à 0.5%. La France résiste mais ça croît moins. Il est très important qu'on remette la France sur les voies de la croissance mais aussi sur la réduction du déficit public. Cela fait des efforts importants mais si on ne fait rien, on sera autour de 6.5% du déficit public, c'est absolument impossible", a insisté Roland Lescure sur BFMTV.
Auprès de l'AFP, il a estimé que l'objectif de déficit à 5% en 2027 était "ambitieux, mais évidemment il est réalisable". Cette cible "veut dire des efforts importants partout, pour l'État, pour les collectivités locales et pour les administrations de Sécurité sociale", a expliqué Roland Lescure.
"On souhaite préserver les moteurs de croissance. C'est important", a-t-il détaillé. "On maintient le crédit impôt-recherche. On va baisser la surtaxe impôt sur les sociétés à 5 milliards d'euros contre pas loin de 8 cette année", a-t-il détaillé. "Mais par ailleurs, on fait des efforts importants de réduction de dépenses, efforts qu'on n'a jamais vus, qui évidemment vont montrer notamment aux marchés financiers, à ceux qui nous prêtent, que nous prenons la réduction du déficit public au sérieux. C'est une réduction importante", a-t-il dit.
Pour aller plus loin
:
Gel du point d’indice des fonctionnaires, de certaines retraites mais baisse de la surtaxe sur les grosses entreprises... Lecornu détaille son effort budgétaire pour limiter le déficit à 5% en 2027
Sujets liés :
Conso
Energie
Finances publiques
Gouvernement