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160 euros économisés par automobiliste: sous la pression de l’extrême droite, Giorgia Meloni supprime "l’une des taxes les plus détestées" d'Italie à un an des élections

📅 19/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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À l'approche des élections, la Première ministre italienne Giorgia Meloni supprime la taxe automobile pour la plupart des véhicules. L’Italie va exonérer de taxe automobile quelque 14,5 millions de voitures et de motos en 2027. Présentée par Giorgia Meloni comme une "suppression", la mesure ne sera toutefois appliquée, dans un premier temps, que pendant un an. "Aujourd'hui, le gouvernement supprime l'une des taxes les plus détestées par les Italiens", a déclaré Giorgia Meloni dans un communiqué . Cette taxe, appelée "bollo auto", est comparable à l’ancienne vignette automobile française. Elle est payée chaque année par les propriétaires d’un véhicule, même si celui-ci roule peu, et alimente les budgets des régions italiennes. Son montant dépend notamment de la puissance du moteur, de sa classe environnementale et de la région de résidence. Pour les automobilistes concernés, sa suppression représentera généralement une économie comprise entre 110 et 240 euros en 2027. Rapporté aux 14,5 millions de véhicules éligibles, le coût total de la mesure correspond à un gain moyen d’environ 160 euros par bénéficiaire. L’exonération concernera les voitures à essence, diesel ou hybrides développant au maximum 80 kilowatts, soit environ 109 chevaux, ainsi que les motos. Selon le gouvernement, près de 70% des voitures italiennes entreront dans le dispositif. "Nous avons choisi de poursuivre notre programme de réduction des impôts, conformément à l’approche adoptée par le centre-droit par le passé", a expliqué la présidente du Conseil lors d’une conférence de presse organisée après le Conseil des ministres. Le coût de l’opération est estimé à 2,36 milliards d’euros. Le "bollo auto" étant une taxe régionale, l’État devra verser cette somme aux régions pour compenser leur manque à gagner. Cela représente environ 0,1 point de produit intérieur brut italien. Une dette publique à 139% du PIB Le gouvernement prévoit de mobiliser principalement des économies réalisées sur différents dispositifs financés dans le cadre du plan de relance européen. Si ces économies couvrent effectivement la dépense, l’exonération ne devrait donc pas creuser mécaniquement le déficit public de 2,36 milliards d’euros. Son financement au-delà de 2027 reste en revanche à trouver, Rome assure vouloir rendre la suppression permanente, mais la mesure est pour le moment limitée à une seule année. Le ministre de l'Économie, Giancarlo Giorgetti, a déclaré que Rome tenterait de pérenniser la mesure, laquelle est pour l'instant conçue comme un dispositif ponctuel. Un responsable a ajouté que le gouvernement pourrait intervenir pour inscrire cette mesure dans la durée via le budget de l'année prochaine, qui sera dévoilé en octobre. Ni Giorgia Meloni ni Giancarlo Giorgetti n'ont cependant précisé où seraient trouvés les fonds nécessaires pour financer cette initiative. Selon son dernier plan budgétaire, qui doit être actualisé dans les prochaines semaines, l'Italie prévoit que sa dette publique atteindra un pic de près de 139% du produit intérieur brut (PIB) cette année, détrônant la Grèce en tant que pays le plus endetté de la zone euro . Pour financer la mesure, le gouvernement compte donc utiliser des économies réalisées sur les dispositifs nationaux accompagnant le plan de relance européen. Il ne s’agit pas de détourner directement des fonds versés par Bruxelles pour financer une baisse d’impôt : certains projets ou aides liés au plan européen auraient simplement coûté moins cher que prévu, libérant des crédits dans le budget italien. Rome prévoit d’utiliser cette marge pour verser près de 2,3 milliards d’euros aux régions, qui perçoivent normalement la taxe automobile. Mais ce financement n’est valable que pour une année. Pour supprimer définitivement la taxe à partir de 2028, le gouvernement devra trouver chaque année environ 2,4 milliards d’euros supplémentaires. "Soigner une pneumonie avec une pastille" Les critiques ont qualifié cette initiative de tentative de détourner l'attention de la hausse des prix de l'électricité, du gaz et du carburant. Cette mesure intervient à un moment politiquement sensible pour Giorgia Meloni. À environ un an des élections législatives prévues à l’automne 2027, sa coalition de droite est devancée par le centre gauche dans plusieurs sondages et subit également la concurrence de Futuro Nazionale, la nouvelle formation d’extrême droite de l’ancien général Roberto Vannacci. "C'est comme soigner une pneumonie avec une pastille pour la gorge", a déclaré Rossano Sasso, un proche collaborateur de Vannacci. Afin d'atténuer l'impact de la hausse des prix des carburants, Giorgia Meloni a adopté et prolongé, ces derniers mois, plusieurs formes de réductions temporaires des droits d'accise , pour un coût total d'environ 2,8 milliards d'euros à ce jour. Ce mercredi, elle a reconduit jusqu'au 25 septembre la réduction sur le diesel en ramenant cette baisse de 17 à 12,2 centimes d'euro par litre. Cette aide passera à environ 6 centimes entre le 26 septembre et le 5 octobre. La Commission européenne et le FMI ont tous deux estimé que l'Italie aurait dû privilégier des mesures plus ciblées pour protéger les ménages et les entreprises les plus vulnérables, limitant ainsi l'impact sur son budget. Sujets liés : Energie Auto International