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Les Français restent profondément attachés à leur voiture, qu'ils considèrent comme indispensable à leur liberté et à leur quotidien, mais leurs critères d'achat sont désormais guidés avant tout par des considérations pratiques comme la sécurité, le coût et le confort plutôt que par la passion.
"J’aime la voiture et je déplore de ne plus pouvoir conduire, les Français aiment la bagnole !". Il y a quelques années, Emmanuel Macron
confiait son amour pour l'automobile
, en citant le philosophe Roland Barthes et son prédécesseur Georges Pompidou. Une déclaration qui semblait résonner avec une certaine vision passéiste. Or, ce n'est peut-être pas le cas. Malgré la révolution électrique, les nouvelles mobilités, les enjeux climatiques et les contraintes sur le pouvoir d'achat, la relation particulière que les Français entretiennent avec leur voiture n'est pas entamée.
Bien au contraire. Selon une étude Ipsos pour le
Mondial de l'auto
, l'automobile reste un objet du quotidien auquel les Français demeurent fortement attachés. Près de 91% des personnes interrogées possèdent au moins un véhicule dans leur foyer et 94% estiment qu'il leur apporte avant tout de la liberté et de l'autonomie. Car il faut le rappeler, la voiture est obligatoire pour la majorité des Français qui travaillent. Comme le rappelle
l'Insee
, la distance médiane entre le domicile et le travail tend à s'allonger. Elle est passée de 10,6 km en 2008 à 12,5 km en 2019. C'est pour cela que plus de huit Français sur dix déclarent ne pas pouvoir s'en passer.
Mais ce n'est pas la seule raison. 64% des personnes interrogées voient encore dans la "bagnole" une source de plaisir. Plus révélateur encore, un Français sur deux affirme avoir déjà ressenti un attachement presque sentimental à une voiture. Cette dépendance est particulièrement marquée chez les actifs de 25 à 55 ans, dont près de la moitié utilisent leur véhicule pour plus de la moitié de leurs déplacements professionnels.
Un marqueur social pour les jeunes
Mais si le lien émotionnel résiste, les critères d'achat évoluent nettement : la passion laisse progressivement place au pragmatisme. La manière de choisir son véhicule a sensiblement changé ces dernières années. Dans un contexte de tensions sur le pouvoir d'achat et d'incertitudes économiques, les automobilistes arbitrent désormais leurs achats selon des critères très concrets. La sécurité devient la première attente, citée par 93% des répondants, devant le coût à l'usage (91%) et le confort ou l'espace intérieur (88%). Les performances, les équipements et les considérations environnementales arrivent seulement ensuite. Une évolution notable alors qu'en 2024, le prix constituait le premier critère de décision.
Cette montée du pragmatisme ne signifie toutefois pas la disparition de la dimension symbolique de l'automobile. Près d'un Français sur deux considère encore que
la voiture demeure un marqueur d'accomplissement social
. Et fait étonnant, la voiture comme signe de distinction sociale est surtout présente chez les plus jeunes. Ainsi, 84% des 16-24 ans déclarent qu'ils aimeraient posséder une voiture haut de gamme s'ils en avaient les moyens, contre 65% des 25-55 ans et seulement 41% des plus de 55 ans. Plus l'âge avance, plus l'aspiration au prestige automobile s'estompe.
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L'étude dessine ainsi le portrait d'une génération qui continue d'associer l'automobile à des valeurs fortes. Pour les plus jeunes, la voiture reste autant un symbole de liberté qu'un signe de réussite personnelle, malgré le développement des mobilités alternatives et les débats autour de la transition écologique. Une tendance qui contraste avec l'idée souvent avancée d'un désintérêt des nouvelles générations pour l'automobile.
Autre enseignement de l'étude : les salons automobiles continuent de jouer un rôle important malgré la digitalisation croissante du parcours d'achat. Parmi les Français qui s'y intéressent, 91% les considèrent comme une vitrine des innovations, 86% estiment qu'ils permettent de vivre la passion automobile et 84% apprécient la possibilité de découvrir les nouveaux modèles dans des conditions réelles. Pour deux tiers d'entre eux, ces événements constituent même une étape utile pour se projeter dans un futur achat.
Au final, l'étude met en évidence une évolution plus qu'une rupture. Les Français ne tournent pas le dos à leur voiture. Ils continuent de la considérer comme un élément essentiel de leur quotidien et de leur liberté. En revanche, au moment de signer le bon de commande, l'émotion ne suffit plus. Face aux contraintes économiques, les automobilistes arbitrent avec davantage de rationalité et privilégient la sécurité, le coût d'utilisation et le confort.
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