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Son directeur général Olivier Mazzucchelli estime que cette situation va perdurer au moins jusqu'à Noël.
Pour
Transavia
, comme pour la plupart des compagnies aériennes low cost, l'équation actuelle est complexe. Si le trafic est bel et bien au rendez-vous, les coûts engendrés par la flambée actuelle du coût du kérosène
plombent la rentabilité
.
"On a eu des taux de remplissage très importants. Nos destinations méditerranéennes ont très bien fonctionné, avec un changement à cause de la guerre entre Iran, États-Unis, Israël et Liban. L'Égypte, la partie la plus orientale de la Grèce, Chypre, ont souffert. Il y a eu un report à l'ouest, vers l'Afrique du Nord ou dans les Cyclades. Et l'Espagne, l'Italie sont des pays qui ont cartonné. Et puis, ce qui est intéressant de voir, c'est que des destinations scandinaves ont bien marché, avec des voyageurs qui sont allés chercher la fraîcheur. Relative, car là aussi, il a fait très chaud", explique à l'AFP son directeur général Olivier Mazzucchelli.
Pour autant donc, atteindre la rentabilité, "c'est quasi impossible. Les niveaux de recettes sont très bons en juillet et août. Mais ces niveaux de coûts, à cause uniquement du cours du pétrole, sont bien plus élevés que ceux qu'on avait inscrits dans notre budget. Et ils vont encore plus nous toucher dans la période de creux d'activité qui arrive, jusqu'à Noël finalement, Toussaint excepté. On n'a pas la possibilité d'offrir des prix complètement élastiques avec l'augmentation du prix du pétrole".
On a décidé de convertir la flotte Boeing en flotte Airbus
Pour Transavia comme pour beaucoup d'opérateurs, un des principaux leviers pour réduire la facture énergétique est l'accélération du renouvellement de la flotte. "Un appel d'offres a eu lieu en 2022 pour un renouvellement de la flotte moyen-courrier des Boeing 737 de KLM, de Transavia Pays-Bas et Transavia France. Pour pas mal de raisons, on a décidé de convertir la flotte Boeing en flotte Airbus. C'est un avion qui émet 16% de CO2 en moins, qui consomme 16% en moins", explique le responsable.
"En ce moment, c'est clairement appréciable. Nous avons 31 Airbus sur une flotte de 96 appareils, et nous annonçons que nous allons recevoir cinq 321neo, ce qui n'était pas le plan initial, à partir de mars 2027. Cet avion de 232 sièges offre un coût unitaire plus intéressant pour nous. Il y a une demande des clients, par exemple sur Paris-Beyrouth en dehors des conflits, qui est très importante. Donc là, ça a du sens de mettre un avion qui offre plus de capacités, et de le remplir, avec des recettes qui nous permettront d'optimiser notre résultat d'exploitation", poursuit-il.
Carburants "propres" et optimisations des trajectoires permettent également de baisser consommation et émissions de CO2. "On mise aussi sur les carburants d'aviation durable,
les fameux SAF
. Transavia s'inscrit dans la politique du groupe Air France-KLM. On fait aussi tout ce qu'on peut pour être les plus efficaces possible dans nos trajectoires. Ça c'est plus à notre main, ce qu'on appelle l'écopilotage. On a investi beaucoup notamment dans l'IA pour nous aider à optimiser les plans de vol. Ce sont des gains de 2 à 3% de consommation par an, ce qui n'est vraiment pas négligeable. Et puis il y aurait un potentiel, avec un ciel unique européen. C'est le voeu pieux de pas mal d'acteurs. Dans les trajectoires d'avions, la suppression des frontières apporterait un gain monumental en carburant. De l'ordre de 20%. C'est dommage que l'Europe n'arrive pas à faire tomber les barrières politiques qui nous le permettraient".
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