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Selon les chiffres de l'Union des aéroports français, le trafic depuis la France se replie de presque 1% sur an et demeure inférieur de 2,6% à son niveau de 2019.
Si
la haute saison estivale présente un bon bilan pour le secteur aérien
avec 28,6 millions de voyageurs au départ des aéroports français (un chiffre en légère hausse), sur les six premiers mois de l'année, le bilan est plus mitigé. Selon les chiffres de l'Union des aéroports français (UAF), le trafic depuis la France s'est replié de presque 1% sur an et demeure inférieur de 2,6% à son niveau de 2019.
Tous les voyants sont dans le rouge : le trafic intérieur baisse de 1,8%, les liaisons transversales métropolitaines chutent de 7,9% et les liaisons métropole–outre-mer reculent de 1,2%. "Surtout, le trafic international diminue de 0,6%, alors qu’il avait été le seul moteur de la croissance française en 2025", souligne l'UAF.
Le constat est d'autant plus inquiétant que le trafic européen est lui clairement orienté à la hausse avec +2,6% et dépasse désormais de 6,9% son niveau d’avant-crise. "Après plusieurs années de reprise post-Covid, cette contraction marque un coup d’arrêt. Surtout, l’écart se creuse avec le reste de l’Europe : la France perd des passagers tandis que les pays de l’UE poursuivent leur croissance", s'inquiète l'association.
"Plusieurs grands marchés poursuivent leur croissance, notamment l’Italie (+4,2%), l’Espagne (+3,7%), le Danemark (+6,6%) et la Grèce (+5%). La France figure ainsi parmi les rares grands marchés européens en contraction", poursuit-elle.
Appel à baisser la fiscalité
Comme la Fnam (Fédération nationale de l'aérien), l'UAF s'inquiète
du "décrochage"
du pavillon français face à ses voisins. "Toutes les conditions sont réunies aujourd’hui pour multiplier les fermetures de lignes aériennes en France, avec toutes les conséquences sociales et économiques qu’elles engendrent pour nos territoires. Nous ne maîtrisons ni les crises géopolitiques ni le prix du carburant, mais nous pouvons cesser d’aggraver notre propre décrochage. La France doit à présent changer de logique et alléger la fiscalité aérienne, sauf à considérer qu’il est préférable de survoler la France plutôt que de s’y poser et de la relier au monde", s'alarme Thomas Juin, président de l'UAF.
Différents facteurs expliquent ce recul. Le lobby met notamment en avant la fermeture de la piste principale de Bâle-Mulhouse, du 15 avril au 16 mai, qui "a entraîné la perte d’environ un million de passagers et explique une part importante du recul semestriel. Hors Bâle-Mulhouse, le trafic du 1er semestre est quasiment stable par rapport à celui de l’année dernière. Cet événement ponctuel n’épuise toutefois pas le diagnostic : en juin, après la réouverture complète de la piste, le trafic national restait inférieur de 1,9% à celui de juin 2025".
Confronté par ailleurs à la
flambée du prix du kérosène
et à de
nouvelles taxes
sur les billets d'avion (taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) et par le relèvement du plafond du tarif de sûreté et de sécurité), le secteur "demande au Gouvernement et au Parlement de réduire la fiscalité pesant sur le transport aérien et de corriger les hausses intervenues en 2025. Face aux chocs géopolitiques, les marges d’action publiques sont limitées ; sur la fiscalité, elles sont immédiates. Cette baisse est nécessaire pour restaurer la compétitivité du marché français dans les arbitrages des compagnies, préserver les lignes et soutenir l’accessibilité, le tourisme et l’activité économique des territoires".
Un été calme sur le front des retards et des annulations
Selon les chiffres d'AirHelp, 70,5% des passagers français sont partis à l'heure entre juin et août, contre 64,1% lors de l'été 2025. Du côté des annulations, plus de 519.000 passagers ont été concernés dans les 30 jours précédant la date de départ, soit un taux stable par rapport à l'été 2025 (1,8%).
Nice-Côte d'Azur a été une nouvelle fois le plus perturbé, avec 45,5% de passagers touchés par un retard ou une annulation. Il est suivi de Figari Sud Corse (42,8%) et de Marseille (32%). Parmi les grands hubs, Paris-Charles-de-Gaulle figure aussi parmi les plus touchés (30% de passagers perturbés), au cinquième rang de ce classement.
"Le vendredi 28 août a été de loin le pire jour pour prendre l'avion au départ de la France, avec plus d'un passager sur deux confronté à un retard ou une annulation (50,4%)", indique la plateforme d'assistance aux passagers.
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