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Sur BFMTV/RMC ce mardi, le président du comité stratégique du distributeur accuse une nouvelle fois les raffineurs de profiter de la situation et appelle à étendre les aides à plus de professions.
"Je ne pensais pas que ça irait si vite". Michel-Edouard Leclerc constate comme tous les Français
la nouvelle flambée des prix des carburants
en France, "une flambée artificielle", juge-t-il mais "qui dure". Face à des prix qui atteignent des records (les 2,50 euros du litre ne sont plus loin), quelles sont les solutions à court terme proposées par le président du comité stratégique du distributeur ? Sur BFMTV/RMC ce mardi, le responsable dit "ne pas croire" au
plafonnement des prix
comme le propose Jean-Luc Mélenchon.
"Il ne faut pas que ça dure mais il faudra revenir soit à une fiscalité flottante à la Jospin (le Premier ministre avait actionné ce levier de la TIPP flottante entre 2000 et 2002, NDLR) mais la mesure la plus simple, c'est de suspendre les 20 centimes qui financent les obligations de ceux qui vendent des carburants, c'est les certificats d'énergie".
Et de poursuivre : "nous nous engagerions à en différer le paiement mais il ne faut pas que ça dure plus de trois mois et il ne faut pas que ça remette en cause le plan de décarbonation de l'économie française". Le résultat serait une baisse immédiate de 20 centimes à la pompe.
"Les raffineurs sont les profiteurs"
Rappelons que les CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) sont un dispositif mis en place par l’État pour financer la transition écologique. Concrètement, ils imposent aux vendeurs d’énergie (ce qui inclut les fournisseurs d’électricité et de gaz, mais aussi les distributeurs de carburants) de réaliser des économies d’énergie auprès des consommateurs. Les pétroliers et les distributeurs de carburant ont l’obligation légale d’obtenir un certain volume de ces certificats. Pour financer ces actions (ou pour acheter des certificats à d'autres acteurs), ces entreprises supportent un coût financier important (17 à 20 centimes du litre) qui est répercuté presque intégralement sur le prix de l'essence.
Pour autant, cette piste ne fait pas l'unanimité. Pour Dominique Schelcher (le PDG de la Coopérative U), ces certificats "financent justement l’électrification de la France (voitures électriques, panneaux photovoltaïques etc), donc est-ce que c’est la bonne solution ? C’est au gouvernement de décider", a-t-il dit sur LCI.
Dans le même temps, Michel-Edouard Leclerc estime que c'est le moment "d'élargir le nombre de bénéficiaires des aides" d'État à plus de professions touchées par la flambée des prix. "On a fait du sur-mesure mais il faudra des mesures collectives si ça dure trop longtemps". Enfin, le dirigeant accuse
les raffineurs d'être "les profiteurs"
de la situation : "Ils gagnent plus aujourd'hui que le prix du pétrole en raffinant le pétrole, ils sortent parfois des bénéfices sur raffinage de 100 dollars par baril, il y a un sujet. Mes adhérents, ça leur donne des boutons d'être convoqués à Bercy alors qu'on sait très bien qu'on a un centime de marge (sur les carburants) alors que les raffineurs ne sont pas convoqués".
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