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"Cela change-t-il nos plans? Non": malgré les fissures sur ses futurs TGV fabriqués en Espagne, le concurrent de la SNCF Le Train veut rassurer

📅 16/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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Alain Gétraud, PDG de la compagnie privée, assure que les rames qu'il recevra ne présenteront pas les problèmes critiques de bogies observés en Espagne. Il explique que l'homologation du train en France se poursuit mais ne se hasarde plus à donner une date de lancement. Pas d'inquiétudes. C'est en substance le message que souhaite faire passer Alain Getraud, directeur général de la compagnie Le Train, qui ambitionne de faire circuler des trains à grande vitesse dans l'ouest de la France , face aux nombreux problèmes observés sur les rames qu'il a commandées au constructeur espagnol Talgo. Rappel des faits. Certains exemplaires de ce train à grande vitesse baptisé Avril S106, achetés à 30 exemplaires par la Renfe (la compagnie nationale) pour 1,3 milliards d'euros, présentent des fissures au niveau des bogies, le chariot sur lequel sont fixées les roues, un élément très critique donc. Ce grave problème a même entraîné le retrait immédiat du service de plusieurs exemplaires. Et ces fissures (ou risques de fissures) ont été observées plusieurs fois depuis un an . Le Train a commandé à Talgo 10 exemplaires pour 350 millions d'euros en 2023 et on peut se demander si les exemplaires qui seront livrés subiront les mêmes problèmes lors de leur exploitation. Interrogé par BFM Business, le dirigeant l'assure: "cela change-t-il nos plans? Non. L'adaptation industrielle fait partie des phases normales de ce cycle, pour un constructeur comme pour un matériel nouveau en ferroviaire. Tous ceux qui y ont réellement travaillé le savent". Dans un long message sur LinkedIn, Alain Getraud s'attache à rassurer le marché (et certainement ses investisseurs): "un matériel aussi innovant traverse, comme tous les trains neufs avant lui, une phase de mise au point. Elle porte aujourd'hui sur ses bogies, dont le constructeur renforce la conception sur les rames en service, sous sa responsabilité et avec la méthode classique de l'industriel qui dévermine son produit. Nos rames seront livrées avec ces évolutions", promet-il. "Près de sept ans entre la commande d'un train et sa livraison" En réalité, on ne sait pas si Talgo a bel et bien commencé la production des rames pour Le Train. Et si ce n'est pas le cas, cela prendra encore des années compte tenu des goulots d'étranglement dans les chaînes de production. L'opérateur ne le confirme pas mais souligne que le processus d'homologation (indispensable pour obtenir l'autorisation de circuler en France) va se poursuivre tout en concédant qu'elle prend plus de temps que prévu. "L'Avril est le premier train à grande vitesse de Talgo à se présenter à l'homologation française, un matériel que notre réseau ne connaissait pas encore: les exigences sont les mêmes pour tous, mais sans l'antériorité d'un train déjà passé par là, chaque étape demande un peu plus de temps. Sur la liste des points de conformité, européens comme nationaux, qu'un train doit satisfaire pour circuler en France, 70% sont acquis. Les 30% restants relèvent d'essais complémentaires ou d'analyses sur dossier", écrit-il. Il faut dire que la compagnie ferroviaire espagnole Renfe, qui a décidé de revoir à la baisse ses ambitions en France, ne s'occupe plus de cette homologation, ce qui a fait perdre du temps à l'entreprise française. "C'est avec Talgo que nous préparons la séquence suivante. Ce qui est vrai, en revanche, c'est que la France est un pays complexe pour un constructeur indépendant qui, s'il fait rouler ses trains de l'Allemagne à l'Arabie saoudite, découvre avec l'Avril nos règles nationales et leurs particularités. Complexe, et parfois inutilement: l'Autorité de régulation des transports et l'Assemblée l'ont constaté", regrette le responsable. Et de rappeler qu'en France, il faut "près de sept ans entre la commande d'un train et sa livraison", bien plus que chez nos voisins. La faute à des règles spécifiques imposées par les autorités françaises. "Pour un train qui circule déjà en Europe et qui y est conforme, tel le Talgo Avril, ce ne peut être un état de fait durable, pour les entrants comme pour la filière". Pour autant, Alain Getraud se garde bien désormais de communiquer une date de lancement commercial après avoir dit viser 2026 puis 2027 et enfin 2028 . "Notre cap, pour cette rentrée, c'est la préparation de la poursuite de l'homologation en France, dans un travail industriel dense avec Talgo, nos chantiers industriels et la préparation de nos services", dit-il aujourd'hui. On ne sait pas non plus si la startup a bouclé son tour de table, on évoquait 400 millions d'euros, un financement qui est peut-être dépendant de l'obtention de l'homologation des trains à grande vitesse... Dans son message, le fondateur assure néanmoins que son "modèle (est) porté par ses actionnaires: des entrepreneurs et des acteurs économiques français, auxquels j'appartiens, de grandes banques françaises mobilisées pour le développement national et  des territoires, des fonds français de développement régional". Sujets liés : Transports Olivier Chicheportiche Industries Entreprises