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Les constructeurs chinois et américains pourraient s'emparer de plus d'un quart du marché européen des poids lourds électriques d'ici la fin de la décennie d'après une étude de Transport & Environnement. La menace s'accélère alors que le salon IAA Transportation de Hanovre s'apprête à accueillir le Tesla Semi et une déferlante de modèles rivaux.
Les constructeurs historiques de poids lourds en Europe, qui règnent aujourd'hui en maîtres avec plus de 95% des ventes sur le continent, s'apprêteraient à subir le même choc que
le secteur de l'automobile individuelle
. C'est le constat d'un rapport publié ce jeudi 10 septembre par l'ONG Transport & Environnement (T&E) à l'approche du salon IAA Transportation de Hanovre, en Allemagne, qui ouvre ses portes lundi 14 septembre.
Un quart du marché européen des poids lourds zéro émission pourrait en effet passer sous pavillon étranger d'ici la fin de la décennie. L'offensive s'accélère à la faveur d'un différentiel de coût de possession redoutable pour les transporteurs, alors que le salon mondial de Hanovre s'apprête à devenir le théâtre de cet affrontement commercial avec l'arrivée du
Tesla Semi
et de toute une armada de modèles chinois.
Le Tesla Semi. © Tesla
Un coût d'utilisation inférieur de 12% pour les camions chinois
L'argument économique constitue le principal levier de cette percée asiatique. Selon les modélisations de T&E réalisées sur la catégorie des camions de longue distance (catégorie 5-LH) achetés en 2026, opter pour un poids lourd électrique chinois plutôt que pour un modèle européen permet de réduire le coût total de possession de 12% sur cinq ans.
C'est une start-up fondée en 2022, qui fait trembler MAN, Mercedes et autres Scania, Volvo ou Daimler, sur le marché des camions électriques. En annonçant un modèle à 195.000 euros, le Global E700, Windrose a fait souffler un vent froid chez les constructeurs européens. © Windrose
En intégrant l'achat, l'énergie et la maintenance, le coût d'un camion européen s'élève en moyenne à 363.200 euros sur cette période, soit 0,63 euro par kilomètre parcouru. En face, un modèle chinois équivalent affiche un coût global ramené à 320.600 euros, soit seulement 0,55 euro du kilomètre. Cet écart de 0,08 euro par kilomètre représente une économie massive pour des flottes d'entreprises qui parcourent des dizaines de milliers de kilomètres chaque année.
L'IAA de Hanovre comme vitrine de l'offensive zéro émission
Cette bataille tarifaire et technologique trouve une concrétisation immédiate dans les allées du salon IAA Transportation de Hanovre. L'évènement est marqué par la première sortie européenne officielle du Tesla Semi américain, mais surtout par la démonstration de force des acteurs chinois comme
l'E700 de Windrose
- qui prévoit d'assembler ses véhicules en France avec un tarif inférieur de près de 100.000 euros à la concurrence - ou SuperPanther avec son eTopas 600, rejoints par BYD, Sany et Dongfeng.
L'intérieur high-tech des camions électriques Windrose. © Windrose
Face à ces nouveaux entrants armés de batteries LFP plus abordables, les géants européens comme Volvo Trucks, Mercedes-Benz, MAN ou Renault Trucks répliquent en misant sur la recharge ultra-rapide MCS à haute puissance et des autonomies dépassant 700 kilomètres. Pour Transport & Environment, la préservation du tissu industriel européen passera par une accélération des infrastructures de recharge et un soutien ciblé aux flottes d'entreprises pour combler l'écart de compétitivité.
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