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Le nouveau fleuron de la compagnie nationale souffre encore de problèmes techniques observés lors des essais de "pré-exploitation". La SNCF ne veut pas prendre de risques mais le risque zéro n'existe pas.
Une Arlésienne?
En mai dernier,
la SNCF assurait que le tout nouveau TGV M serait commercialement lancé en septembre sur la ligne Paris-Marseille avec six rames flambant-neuves après plusieurs reports. Cet objectif est à nouveau raté. Ce vendredi, la compagnie ferroviaire annonce que son nouveau fleuron tant attendu sera sur les rails "dans le courant de l’automne 2026".
L'opérateur ne se risque plus à une date précise, l'automne s'étalant du 21 septembre au 21 décembre prochain. La SNCF justifie ce nouveau report par "plusieurs réglages nécessaires et améliorations complémentaires à apporter concernant le confort et le service à bord. Ces réglages doivent être apportés par Alstom dans les prochaines semaines, avant de lancer l’exploitation commerciale du train. Les équipes d’Alstom sont pleinement mobilisées pour intégrer ces évolutions, que SNCF Voyageurs souhaite pouvoir tester et valider avant l’ouverture commerciale".
"Les deux entreprises ont ainsi décidé de prolonger cette phase de mise au point afin que le TGV M tienne pleinement ses promesses dès son entrée en service et offre aux voyageurs le niveau d’expérience attendu d’une nouvelle génération de TGV", nous indique le groupe.
Le TGV "M", train à grande vitesse de nouvelle génération de la SNCF, à l'usine Alstom de Belfort, le 29 avril 2024 © FREDERICK FLORIN © 2019 AFP
La livrée du futur TGV M de la SNCF a été dévoilée lundi 29 avril à l'usine Alstom de Belfort. © BFM Alsace
Ces soucis techniques ont été observés lors des phases de tests de pré-exploitation. "Ces circulations avaient pour objectif d’accompagner l’appropriation du train par les équipes opérationnelles et de finaliser les derniers réglages avant l’accueil des premiers voyageurs", indique l'opérateur.
Ces "réglages nécessaires et améliorations complémentaires" ne semblent pas critiques et ne nécessitent pas de retour à l'usine, les "roulages ont pleinement rempli leur rôle. Ils ont permis de confirmer le bon fonctionnement global du train, dont les éléments de sécurité, de conformité et de performances avaient été validés dans le cadre de l’homologation".
Mais la SNCF ne veut pas prendre le risque
de subir des pannes
lors du lancement du nouveau train, ce qui ferait désordre. Pour autant, tout train neuf lancé commercialement connaît des pannes, c'est ce qu'on appelle le "déverminage". Traduction, le risque zéro n'existe pas une fois le train lancé en situation commerciale réelle.
Reports multiples
Toujours est-il qu'il s'agit d'un nouveau retard (qui décale également le lancement des offres
de la SNCF en Italie
en 2028). Rappelons que les premiers exemplaires devaient commencer à circuler commercialement fin 2023-début 2024, puis pour le second semestre 2025,
puis pour l'hiver
, puis "début 2026", "début juillet" et enfin en "septembre", selon la communication du groupe. La SNCF a commandé 130 exemplaires de ce train à Alstom en 2018 pour 4,1 milliards d'euros, à 100% financés par la SNCF et a acquis 20 exemplaires supplémentaires ensuite. Treize TGV M devraient circuler à la fin de l'année.
Il est absolument stratégique pour la SNCF pour mieux absorber la hausse de la demande alors que son parc actuel de TGV est sous dimensionné lors des pics, comme pendant l'été. De quoi faire enrager l'opérateur qui voit du chiffre d'affaires s'échapper.
Ce train qui est 100% nouveau permet d'embarquer 740 personnes, soit une centaine de plus que les générations précédentes. Ainsi, couplée avec une réduction de 30% des frais de maintenance, la rentabilité espérée par la SNCF est considérable. Outre le fait d'offrir 20% de places supplémentaires avec la même longueur, ce TGV M est modulable (d'où le M), il sera possible d’ajuster le nombre de voitures par rame et de transformer librement les espaces intérieurs.
L'opérateur précise qu'un panel de plusieurs milliers de clients a été sélectionné et a participé aux circulations de test. "C’est une première pour un TGV. Parmi ce panel, plus de 9 clients sur 10 expriment un avis positif ou très positif sur l’expérience à bord", se félicite le groupe.
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