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Avec un baril de brent qui dépasse les 100 dollars, et des records à la pompe, certains prétendants à l’Élysée cherchent à tout prix, même si cela grève les finances d’un État déjà impécunieux, à réduire à la note pour les Français.
Dès qu'on s’éloigne du cœur des métropoles, cela devient le sujet numéro un des conversations des Français: combien as-tu payé ton plein aujourd’hui? Quelle est la station la moins chère dans le coin? Est-ce que tu roules moins en ce moment?
Il faut bien se rendre à l’évidence: une campagne présidentielle qui se déroule à présent avec
un baril de brent qui dépasse les 100 dollars
, et des records à la pompe, n’est plus tout à fait la même.
Parce qu’absolument tous les candidats vont être obligés de se positionner.
Veulent-ils se placer du côté de ceux qui promettent des réductions de taxes, ou des autres qui accompagnent les consommateurs vers la sortie des énergies fossiles? C’est finalement une question assez structurante pour définir un projet de société.
Sans surprise, Marine Le Pen a choisi son camp. Elle le répète depuis le début de l’agression russe en Ukraine: elle veut baisser la TVA sur les carburants, transformant ainsi l'essence en produit de première nécessité. Quitte à ce que les plus riches profitent aussi de l’aubaine.
Le carburant flambe beaucoup plus que le pétrole brut et ça intrigue les banquiers centraux: quel est ce phénomène qui fait bondir les prix à la pompe?
Jean-Luc Mélenchon appelle, lui, à un blocage des prix comme il l’a encore clamé à Lille samedi dernier. Pour lui, l’énergie n’est pas un produit comme les autres. Et il cible en priorité les marges des compagnies, avec Total dans le collimateur. Dans son camp, on trouve un certain Michel-Édouard Leclerc. Et ce n’est certainement pas la partie la plus écolo du programme de l’Insoumis mais il vise comme Marine Le Pen une part de l’électorat populaire, très dépendant au quotidien de sa voiture pour amener ses enfants à l’école ou partir travailler.
Argument court-termiste
Quid des autres candidats? François Hollande fait une série de bougés dans son livre Unir. Il propose lui aussi de baisser la TVA sur les carburants pour une durée limitée! Le président des accords de Paris sur le climat préfère désormais s’occuper de la fin du mois plutôt que de la fin du monde. Raphaël Glucksmann mise tout sur l’électrique comme Philippe Brun, député PS, candidat à la primaire de la gauche, qui promeut un véhicule électrique "populaire" à 10.000 euros.
Quant aux Macronistes, ils proposent du Lecornu : des aides ciblées en attendant que la tempête passe… peut-être.
À qui profite finalement un carburant qui dépasse les 2,10 euros dans cette campagne? Au mieux disant, à ceux qui font baisser le prix du litre ici et maintenant, même si ce n’est possible que pour une courte durée, même si cela grève les finances d’un État déjà impécunieux.
"Votez pour moi, vous paierez votre plein moins cher" est un argument hyper court-termiste, qu’il s’agisse du budget de l’État ou de notre destin commun mais après tout est-ce vraiment le problème de la France qui roule tôt?
Voilà ce que vous allez entendre jusqu’en avril 2027. Vous vous souvenez de cette phrase de Jacques Chirac au début de sa campagne victorieuse de 1995: "Je vais vous étonner par ma démagogie." Il y a comme un relent de déjà-vu dans l’air...
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