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58% des demandes rejetées à tort: les compagnies aériennes rechignent toujours plus à indemniser les retards

📅 10/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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Selon le dernier bilan d'AirHelp sur la question, 58% des demandes qui auraient dû être acceptées ont d’abord été rejetées à tort, soit six points de plus qu'un an auparavant. La mauvaise volonté des compagnies aériennes pour appliquer la réglementation européenne en matière d'indemnisation suite à un retard de plus de trois heures d'un vol est connue. Mais elle se renforce année après année, souligne AirHelp, une plateforme d'aide aux passagers lésés. L'an passé, 58% des demandes qui auraient dû être acceptées ont d’abord été rejetées à tort, soit six points de plus qu'un an auparavant. "Un rejet est jugé abusif lorsqu'une compagnie refuse une demande valable, pour laquelle le passager avait bel et bien droit à une compensation. L'analyse porte sur la première réponse apportée par la compagnie", explique le spécialiste. Ce dernier estime que ces rejets incitent les passagers à renoncer à leurs droits "alors que la loi est de leur côté", déclare Margaux Doublet, porte-parole chez Airhelp. Le premier levier des compagnies est de jouer la montre. "Dans 31% des cas, la compagnie n'apporte aucune réponse. Près d'un tiers des réclamations valables sont donc purement et simplement ignorées, laissant le passager sans interlocuteur pour faire valoir ses droits. Ce silence progresse nettement en un an, puisqu'il concernait 26% des dossiers en 2024", peut-on lire. La météo, présentée comme circonstance extraordinaire permettant aux opérateurs d'échapper à une indemnisation, arrive en deuxième position, avancée dans 25% des rejets abusifs (contre 21% en 2024). "Certaines circonstances extraordinaires peuvent effectivement exonérer une compagnie de son obligation d'indemniser, mais c'est à elle de prouver qu'elles ont réellement affecté le vol en question, une vérification quasi impossible à mener pour le passager", explique AirHelp. "La mécanique du rejet se durcit" Viennent ensuite les restrictions du contrôle aérien (11%), "là encore invoquées sans preuve qu'elles aient réellement causé la perturbation, puis les refus "sans motif" (10%): la compagnie répond, mais sans jamais indiquer pourquoi elle refuse d'indemniser". "Au-delà de la hausse de six points, c'est toute la mécanique du rejet qui se durcit: l'absence de réponse comme le recours à une météo non justifiée gagnent du terrain d'une année sur l'autre. Pour AirHelp, ces résultats montrent que le principal frein à l'exercice des droits des passagers n'est plus seulement la méconnaissance de la réglementation, mais bien la difficulté à faire respecter ces droits face aux compagnies elles-mêmes", commente la plateforme. Ces indemnisations qui s'appuient sur le règlement européen 261/2004 sont fortement critiquées par les compagnies aériennes, elles estiment que leur application leur coûte 8,1 milliards d'euros par an, un montant impossible à vérifier. Depuis des années, elles cherchent à faire évoluer son barème au sein de l'Union européenne mais malgré un lobby intense, la réforme qu'elles demandaient n'a pas été adoptée par le Parlement européen malgré le soutien du Conseil. Le système d'indemnisation actuel reste donc en vigueur. Il prévoit en cas de retard supérieur à trois heures, un dédommagement de: 250 euros pour les vols de moins de 1.500 kilomètres, de 400 euros pour les vols compris entre 1.500 et 3.500 kilomètres et de 600 euros pour les vols de plus de 3.500 kilomètres. Sujets liés : Transports Union européenne Conso