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"Elle est inévitable": elle arrivera plus tard que chez nos voisins mais l'inflation alimentaire va bien faire son retour dans nos supermarchés (elle devrait rester sous les 2,5%)

📅 08/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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Malgré la stabilité actuelle des étiquettes, la combinaison des tensions géopolitiques, du changement climatique et du calendrier des négociations commerciales devrait pousser les prix de l'alimentation à la hausse d'ici quelques mois. Une hausse mesurée, mais sous la surveillance étroite des consommateurs. L’inflation alimentaire reviendra bel et bien dans les rayons des supermarchés français. C’est ce que prévoient les experts dans les prochains mois, malgré les tentatives de la grande distribution de rassurer les consommateurs face aux demandes de hausse des prix des agriculteurs et de l’agro-industrie . “Une pluralité de facteurs météorologiques et géopolitiques qui s’entrechoquent la rendent inévitable”, analyse John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion, qui cite les effets de la canicule en Europe et d’El Niño en Asie, l’Australie et certaines régions du continent américain, ainsi que la guerre entre la Russie et l’Ukraine et les perturbations autour du détroit d’Ormuz. Probablement, cette inflation ne se verra toutefois pas tout de suite : plutôt à partir de la fin de l’année, voire au printemps prochain, tempèrent les cabinets de conseil spécialisés. Encore peu de marchés inflationnistes Pour l’instant, malgré la canicule et les instabilités géopolitiques, en grande distribution la moyenne des prix alimentaires est en effet stable, voire en légère déflation, note Emily Mayer, directrice d’études chez Circana. “Seuls certains marchés recommencent à être inflationnistes” , observe David Lecomte, directeur Insight Consommateur chez NielsenIQ. Il cite le cas des eaux en bouteille, porté par l’explosion des prix du plastique - que les distributeurs ont accepté de répercuter très rapidement en rayons pour éviter des pénuries d’un produit critique comme l’eau en été. Il mentionne également les fruits et les légumes, dont les récoltes ont été décimées par la sécheresse : au début du mois d’août, le taux de rupture des salades en sachet avait atteint le chiffre inédit dans l’alimentaire de 20%, rappelle l’expert. Ces premières hausses sont néanmoins pour le moment compensées par d’autres baisses : celle des prix du café et du cacao notamment, après la flambée des années 2024 et 2025. Et alors que dans d’autres pays européens on constate déjà une inflation alimentaire de 1,5%-2%, en France l’inflation est décalée par la réglementation rigide des négociations commerciales entre les marques nationales et la grande distribution, rappelle Emily Mayer. Ce n’est en effet qu’à partir du mois de novembre que les agro-industriels font valoir leurs demandes de hausses auprès de leurs clients, qui peuvent les discuter jusqu’à la date butoir fixée au 1er mars. Entre 2 et 2,5% au printemps À  partir d’avril, toutefois, malgré la promesse des distributeurs de rogner sur leurs marges, l’inflation alimentaire devrait frapper aussi d’autres aliments : les fruits et légumes conservés et surgelés, les produits laitiers - à cause du renchérissement des prix de l’alimentation animale -, ainsi que tous ceux pour lesquels le coût de l’emballage pèse beaucoup. En moyenne, l'inflation alimentaire devrait atteindre 2% à 2,5%, prévoit Circana. Un taux bien inférieur à celui de 2022 et de 2023 , en raison de chocs “moins abrupts et généralisés qu’au moment de la guerre en Ukraine” selon David Lecomte, mais aussi parce que “ tous les maillons de la chaîne vont devoir prendre un peu sur eux afin d’éviter une baisse drastique des volumes”, explique Emily Mayer. Les consommateurs n’ont toujours pas digéré la hausse de 20% des dernières années, souligne l’experte. Et selon un sondage réalisé par Circana au début de l’été, une moitié des personnes interrogées déclare qu’au-delà de 3%, l'inflation modifierait leurs modes et quantités de consommation. Dans les familles de produits où ce seuil serait franchi, les conséquences seraient donc celles déjà connues après 2022-2023 : une contraction des volumes, une montée des marques distributeurs et une modération des achats des produits sous signe de qualité. Un nouveau bouleversement que les distributeurs comme les industriels ont intérêt à éviter. Sujets liés : Conso