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Le nombre d'accidents mortels sur les autoroutes concédées a fortement progressé en 2025 avec 162 décès soit une hausse de 26% par rapport à 2024. Si les comportements à risque des automobilistes restent pointés du doigt, le réseau autoroutier demeure de loin le plus sécurisé du pays.
C'est un chiffre qui interpelle au moment où
les chassés-croisés des vacanciers
se poursuivent. En 2025, 144 accidents mortels ont été recensés sur le réseau autoroutier concédé, contre 114 en 2024. Cette hausse de 26% a provoqué la mort de 162 personnes (contre 129 l'année précédente), selon les données publiées par l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (ASFA) fin juillet.
Cette dégradation s'inscrit dans
un contexte national également défavorable :
en 2025, la mortalité routière globale a atteint 3.515 tués sur l'ensemble du territoire, en hausse de 2,4%. Sur autoroute comme ailleurs, les rapports d'accidents mettent directement en cause le relâchement des conducteurs.
"C'est d'abord dû aux comportements des usagers, et en particulier le triptyque alcool, stupéfiants, médicaments, c'est la première cause d'accident mortel aujourd'hui devant la vitesse excessive", explique Arnaud Aymé, directeur général France de SIA Partners, à BFMTV.
Pour la cinquième année consécutive, les addictions (alcool, drogues et médicaments) restent le premier facteur de mortalité sur autoroute, impliquées dans 22,9% des accidents mortels, devant la vitesse excessive (19,4%), l'inattention (16,7%) et la somnolence ou la fatigue (16%). Mais si les produits psychoactifs tuent le plus dans les chocs graves,
la distraction
reste la première cause d'accidents tous dommages confondus sur le réseau.
Si de nombreux usagers incriminent régulièrement les chauffeurs de poids lourds, les données statistiques apportent un éclairage intéressant. Les camions sont certes impliqués dans des chocs particulièrement spectaculaires, mais ils ne constituent pas la cause principale de la hausse globale de la mortalité.
Selon le bilan de l'ASFA, les occupants de voitures particulières restent de loin les premières victimes du réseau, représentant 70,4% des personnes tuées en 2025, contre 10,6% pour les occupants de poids lourds. Si les collisions entre un camion et une voiture restent minoritaires (environ 1 accident mortel sur 10), la différence de gabarit — de moins de 3,5 tonnes pour une auto, jusqu'à 44 tonnes pour un poids lourd — ne pardonne pas : dans ce cas précis de choc souvent très violent, plus de 85% des personnes tuées sont des occupants du véhicule léger.
L'implication d'un poids lourd dans 45% des accidents touchant le personnel autoroutier s'explique par son occupation quasi exclusive de la voie de droite, à proximité immédiate des interventions. Pour autant, la responsabilité du danger vient très majoritairement des véhicules légers : selon ce bilan spécifique, ils sont à l'origine de 72% des accidents corporels subis par les agents en intervention.
En 2025, si aucun décès n'est heureusement à déplorer parmi le personnel autoroutier, 143 accidents ont frappé les équipes sur le terrain, soit près de 3 chocs par semaine. Au total, 35 fourgons et 78 flèches lumineuses ont été percutés, blessant 5 salariés piétons. Une réalité dramatique qui illustre le non-respect
du corridor de sécurité
et le manque d'attention au volant.
Face à ce bilan, les associations d'usagers fustigent la stratégie des pouvoirs publics :
"L'Etat en France a choisi de tout miser sur la chasse à la vitesse et au petit km/h de trop. Pourquoi ? Parce que c'est rentable. Et à côté de ça on a d'autres causes de mortalité qui ne sont pas vues par les radars, le protoxyde d'azote par exemple, l'alcoolémie ou encore ceux qui doublent n'importe comment et n'importe où", souligne Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes.
L'association réclame un renforcement des contrôles humains ciblés sur les addictions et l'inattention plutôt qu'une multiplication des sanctions automatiques.
Malgré cette hausse des drames en 2025, l'autoroute reste l'axe le plus sûr pour les automobilistes. La comparaison s'appuie sur le taux de mortalité ramené au trafic réel (exprimé en nombre de tués par milliard de kilomètres parcourus) et, à circulation égale, le réseau autoroutier concédé s'avère ainsi 5 fois plus sûr que l'ensemble du réseau routier national. L'absence de carrefours et la séparation des voies réduisent les risques matériels, ce qui remet au cœur de l'équation la vigilance individuelle de chaque conducteur.
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