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ESSAI. En pleine tempête industrielle, Volkswagen démontre sa maîtrise sur le plan produit avec ses nouveaux modèles électriques ID.3 Neo et ID.7 Tourer

📅 06/09/2026 à 00:00 🔗 www.bfmtv.com
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En direct de Norvège, nous avons testé les nouvelles Volkswagen ID.3 Neo et ID.7 Tourer. Un essai sur fond de tempête pour la marque allemande, prise en étau entre tensions géopolitiques mondiales, décrochage du marché chinois et menaces inédites sur l'emploi en Europe. Comme un air de revanche au paradis de l'électrique. Sur les routes sinueuses et détrempées des environs de Bergen, en Norvège, où les modèles zéro émission ont représenté 96% des ventes neuves en 2025, nous avons testé la nouvelle Volkswagen ID.3 Neo Style et le break ID.7 Tourer. Mais sous ces nuages bas et cette météo particulièrement capricieuse de la fin juillet 2026, l'ambiance scandinave reflète le climat de tempête dans lequel se retrouve le constructeur. Entre les violentes averses nordiques et le brouillard qui enrobe les fjords, le géant de Wolfsburg affronte en effet une crise d'une ampleur inédite , mêlant tensions géopolitiques majeures, effondrement des marchés historiques et restructurations industrielles d'urgence. La Volkswagen ID.3 Neo. © EM Une industrie sous pression géopolitique et des marchés en rupture Le secteur automobile traverse une période de fortes secousses qui n'épargne pas Volkswagen. Avec de multiples facteurs macroéconomiques qui pèsent lourdement sur ses performances. Le retrait forcé du marché russe, qui représentait un levier de rentabilité historique pour le groupe, a laissé des cicatrices financières profondes. À cela s'ajoutent les répercussions liées à la guerre en Ukraine, le regain d'instabilité au Moyen-Orient, mais aussi la volatilité des taux de change entre le dollar et le yuan ou le durcissement des barrières commerciales et les nouvelles réglementations. Le constat est tout aussi préoccupant sur le volume des ventes globales. Les marchés historiques font face à une rupture nette, marquée par une baisse de 16% des immatriculations globales en Europe par rapport à 2020. Au deuxième trimestre 2026, les livraisons mondiales du groupe Volkswagen ont reculé de 8,6% par rapport à la même période l'an dernier. La Chine décroche, mais Volkswagen résiste en tête des marques étrangères Sur le marché chinois, le déclin est particulièrement brutal pour le géant de Wolfsburg. Les livraisons du groupe y ont chuté de 36,6% au deuxième trimestre 2026, accusant un repli de 25,9% sur l'ensemble du premier semestre. Malgré ce choc, Volkswagen réussit la performance de maintenir son rang de premier constructeur étranger en Chine. Entre janvier et mai 2026, la marque a comptabilisé 592.000 immatriculations sur le territoire chinois, se positionnant juste derrière le géant local BYD et ses 620.000 unités, mais devant Toyota avec 536.000 unités, ou d'autres groupes chinois comme Geely ou Changan. Heureusement pour le groupe, d'autres régions du monde apportent un souffle d'air frais. Sur le deuxième trimestre 2026, les livraisons progressent de 2,5% en Europe, de 7,7% en Amérique du Nord et de 9,4% en Amérique du Sud. Un répit indispensable alors que le groupe enregistre un bénéfice net global en chute de 33% au deuxième trimestre et vient de confirmer négocier un plan social pouvant atteindre 100.000 suppressions de postes au total. VW ID.3 Neo Style (79 kWh): maturité technique, chimie LFP et revanche sur le duel Tesla Pour redresser la barre, le constructeur compte sur sa nouvelle ID.3 Neo. Lancée à l'origine en 2020 pour rivaliser avec une certaine Tesla Model 3, la compacte s'est écoulée à 628.000 unités dans le monde en six ans, sans jamais véritablement supplanter la firme américaine sur l'ensemble du continent. À l'échelle européenne, le rapport de force restait d'ailleurs largement en faveur d'Austin en 2025, avec une Tesla Model Y au sommet des ventes (plus de 150.000 exemplaires) loin devant une ID.3 sous la barre des 79.000 unités. Cependant, le paysage s'est inversé de manière spectaculaire sur le marché national allemand en 2025. Dans la foulée de la fin des bonus écologiques outre-Rhin — un contexte qui a réorienté les achats vers les flottes d'entreprises et les modèles plus haut de gamme —, Volkswagen a signé un triplé historique sur ses terres. La marque a verrouillé l'intégralité du podium 100% électrique en Allemagne avec l'ID.7 sur la première marche, l'ID.3 en deuxième position et le duo ID.4 / ID.5 à la troisième place, reléguant la Tesla Model Y à la douzième position. La Volkswagen ID.3 Neo corrige la plupart des défauts majeurs de cette citadine polyvalente électrique. © EM Sur la route, Volkswagen nous a mis à disposition la version la plus affûtée de la gamme : l'ID.3 Neo en finition Style, équipée de la grande batterie de 79 kWh nets en chimie NMC. Sous le pied droit, le moteur électrique développe 231 chevaux et un couple de 350 Nm disponible instantanément. Grâce à cette batterie, l'autonomie WLTP atteint 610 km sur notre modèle chaussé en jantes de 20 pouces. Le comportement dynamique s'avère très convaincant. L'architecture propulsion assure une excellente motricité et un rayon de braquage très court. Notre version d'essai embarquait le pack d'aide à la conduite IQ. DRIVE Pro avec le Travel Assist 3.0, offrant des fonctions de conduite semi-autonome très avancées. Mais la grosse nouveauté sur cette ID.3 Neo réside dans l'arrivée de la chimie LFP (lithium-fer-phosphate) pour les versions d'accès dotées des batteries de 50 et 58 kWh. Associées à des moteurs de 170 et 190 chevaux, elles proposent des autonomies comprises entre 410 et 490 km. Un niveau de prestation largement suffisant pour la plupart des usages quotidiens, d'autant que la compacte intègre désormais un vrai mode One Pedal, dont le freinage régénératif au levé de pied est si prononcé qu'il permet de conduire jusqu'à l'arrêt complet du véhicule. Notre modèle d'essai 79 kWh se veut quant à lui bien plus polyvalent, capable de tailler la route au long cours tout en assurant les trajets de tous les jours. L'intérieur de la Volkswagen ID.3 Neo profite de nombreuses améliorations. © EM L'autre vraie réussite de cette ID.3 Neo réside surtout dans la correction méthodique de ses pires défauts d'ergonomie. Volkswagen a tiré les enseignements des retours clients en abandonnant le petit écran "satellite" de 5,3 pouces fixé à la colonne de direction au profit d'un vrai combiné d'instruments numérique de 10,25 pouces parfaitement intégré. La marque fait également machine arrière sur l'ergonomie générale avec le retour de vraies touches physiques sur le volant (mouvement initié fin 2023 sur le Tiguan et la Golf 8 restylée, puis généralisé depuis sur le reste de la gamme comme l'ID.7), mettant fin aux exaspérantes commandes haptiques. Le plastique "piano black", véritable aimant à traces de doigts et aux rayures, a été banni de l'habitacle. Autre soulagement : la fameuse bande tactile glissante sous l'écran central a définitivement disparu, remplacée par de vrais raccourcis physiques positionnés juste en dessous. À cette rigueur retrouvée s'ajoute une touche de fun particulièrement réussie avec la personnalisation multimédia. Ce nouvel écran des compteurs intègre un mode rétro reproduisant au pixel près les graphismes à aiguilles de la première Golf 1 commercialisée en 1974. Sur la grande tablette centrale de 12,9 pouces, l'ambiance vintage se poursuit : le GPS s'insère dans une fausse télévision à tube cathodique, le tuner radio AM/FM s'habille de motifs "peace and love", et la jauge de batterie défile sur un compteur à rouleaux mécaniques d'époque. L'affichage du compteur hommage à la Golf de 1974 dans la Volkswagen ID.3 Neo. © EM Tarifs et concurrence: la stratégie d'offres cumulées Côté tarifs, cette nouvelle Volkswagen ID.3 Neo débute à 34.990 euros au catalogue en version Trend de 50 kWh. Mais en réalité, elle s'affiche à partir de 28.845 euros en déduisant une prime Volkswagen de 3.000 euros, maintenue a priori dans la durée, et la prime CEE minimale de 3.535 euros. L'ID.3 Neo avec la batterie intermédiaire de 58 kWh démarre de son côté à 33.965 euros en appliquant ces mêmes réductions. Enfin, la déclinaison 79 kWh s'affiche dès 38.365 euros avec une prime Volkswagen relevée pour l'occasion à 4.000 euros. Notre version d'essai Style très fortement optionnée dépasse quant à elle les 48.000 euros. Face à elle, la compétition s'annonce féroce sur le marché européen : la Renault Mégane E-Tech et la Peugeot e-308 (accessible dès 33.050 euros) restent de solides alternatives locales, sans oublier la menace des rivales chinoises comme la MG4 , certes frappée par les surtaxes douanières européennes mais toujours très agressive sur le plan financier. VW ID.7 Tourer Pro Life Max : la surprise de l'année et le grand break routier En haut de la gamme, la grande ID.7 confirme son statut de routière accomplie. Proposée dès le niveau d'entrée de gamme en version berline avec une batterie de 59 kWh et 204 ch pour rendre le modèle plus accessible, c'est bien sa déclinaison break Tourer qui remporte tous les suffrages en représentant 65% des ventes en Europe. À la surprise générale, l'ID.7 s'est imposée en 2025 comme la voiture électrique la plus vendue en Allemagne, profitant à plein de la fin des aides étatiques qui a réorienté les acheteurs et les gestionnaires de flottes vers de grandes routières haut de gamme privilégiant l'autonomie et le confort. Le Volkswagen ID.7 Tourer, un break 100% électrique. © Volkswagen Nous avons testé la version haut de gamme ID.7 Tourer Pro Life Max, équipée du bloc électrique de 286 ch et 545 Nm de couple associé à une batterie géante de 86 kWh nets. Ce modèle abat le 0 à 100 km/h en 6,6 secondes, propose une autonomie approchant les 685 km WLTP et encaisse une recharge rapide DC jusqu'à 199 kW, autorisant un 10 à 80% en 26 minutes. Le break 100% électrique de Volkswagen, l'ID.7 Tourer. © EM L'agrément de conduite franchit un cap grâce à l'insonorisation poussée avec vitrages feuilletés, au châssis adaptatif DCC et à l'apparition de la vraie conduite à une seule pédale via la fonction B. L'espace à bord s'avère royal avec un empattement de 2,97 mètres et un coffre dont le volume s'échelonne de 605 à 1.714 litres banquette rabattue. L'intérieur prend toutefois un petit coup de vieux avec le tout petit écran des compteurs de la gamme ID... avant ce changement très apprécié dans l'ID.3 Neo et qu'on retrouvera aussi dans l'ID.Polo. Contrairement à l'ID.3 Neo, on retrouve un tout petit écran des compteurs dans le grand ID.7 Tourer. © EM Proposée à 62.390 euros en finition Pro S Life Max, l'ID.7 Tourer se positionne sans réelle rivale directe, sa concurrente BMW i5 Touring débutant aux alentours de 77.000 euros. Bilan : sauver les usines européennes grâce à la Chine ? Incontestablement, les ID.3 Neo et ID.7 Tourer démontrent que Volkswagen maîtrise désormais son sujet sur le plan produit. Toutefois, l'enjeu principal reste la survie industrielle du groupe sur le Vieux Continent. Pour sauver ses usines européennes menacées par la sous-capacité, Volkswagen envisagerait une stratégie totalement inédite : importer la production en Europe des véhicules électriques et hybrides développés pour le marché chinois par ses coentreprises. Le groupe étudie ainsi la fabrication sur le sol européen de modèles comme le SUV ID. Era 9X à prolongateur d'autonomie ou des véhicules de sa nouvelle gamme Unyx conçue en partenariat avec Xpeng . Une méthode choc pour faire tourner l'outil de production européen en attendant que le marché de l'électrique retrouve de la vitesse, tout en offrant un compromis acceptable auprès des syndicats. Sujets liés : Essais Industries