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Invité de France Inter, Dominique Schelcher a réclamé une hausse de la TVA à l'exception des produits de première nécessité. Le PDG de Coopérative U estime que cette TVA sociale permettra aux entreprises d'augmenter les salaires.
La proposition a de quoi surprendre pour un patron de grande distribution. Invité ce mardi sur l'antenne de France Inter, Dominique Schelcher s'est prononcé en faveur d'une
TVA sociale
. Pour le PDG de Coopérative U, une hausse des taxes, dont seraient exclus les produits de première nécessité, permettrait de redonner de l'air aux entreprises.
"Il faut
moins faire porter la protection sociale sur le travail
, argumente-t-il. Il faut faire un transfert en partie sur la consommation. Surtout pas sur les produits de première nécessité mais sur les produits à la TVA la plus élevée qui, en France, est une des plus basses d'Europe."
Alors que l'UE interdit les taux normaux inférieurs à 15%, l'Hexagone se classe effectivement à
la 24e place parmi les 27 avec son taux à 20%
. Seuls le Luxembourg (17%), Malte (18%) et l'Allemagne (19%) affichent une taxation plus faible, tandis que la Hongrie pointe à 27% et la Finlande à 25,5%.
Ne pas se détourner des "fruits moches"
Dominique Schelcher plaide ainsi pour une hausse de deux points, qui placerait la France dans la moyenne basse européenne. Selon lui, cette mesure permettrait de
réduire l'écart entre le superbrut et le net
, et d'augmenter les salaires par ricochet.
"Si aujourd'hui, le chef d'entreprise que je suis veut augmenter de 100 euros quelqu'un aux alentours du SMIC, cela me coûte 483 euros, argue-t-il. Peu d'entreprises ont les moyens pour ça. Il y a 50 ans, un Français touchait 70% de son superbrut, il en touche 52% aujourd'hui."
D'après lui, une TVA rehaussée serait surtout supportée par "les touristes en France" et "sur les services". Cela n'impacterait donc que moyennement son activité économique, chahuté par le contexte économique. Son homologue et concurrent Michel-Édouard Leclerc a d'ailleurs abondé dans ce sens.
Sur le 20 heures de France 2 ce lundi, le PDG du groupe a assuré qu'il ne "compren(d) pas quel est le handicap idéologique qui fait qu’on ne le travaille pas, ce scénario". D'après lui, "ce n’est pas possible de financer par le travail notre modèle social." Une hausse des salaires ne pourrait donc venir que de mesures telles que la TVA sociale.
Face à ce
"pouvoir d'achat en baisse"
, le secteur s'attend à une année difficile, comme l'a rappelé Dominique Schelcher. Il a appelé les Français à ne pas se détourner des "fruits moches" qu'afficheront ses rayons, la faute aux canicules estivales. Et a assuré qu'il "soutiendrait" les agriculteurs et éleveurs français impactés, plutôt que de se tourner vers des importations pour garnir ses rayons.
Enfin, s'il a refusé de commenter les ébauches de programme économique des candidats à l'élection présidentielle, il a confirmé que l'échéance représentait un manque à gagner pour son groupe. "Les années électorales ne sont jamais bonnes pour le commerce parce que les gens sont plus attentistes", a-t-il détaillé.
Pour aller plus loin ->
"Nocif pour l'économie française": l'économiste Gabriel Zucman estime que la TVA sociale "n'a aucun sens, particulièrement dans le contexte actuel"
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