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Tout le monde cherche constamment les prochains vainqueurs de l'IA après Nvidia, AMD, Broadcom et consorts. Vous avez tendance à vous concentrer sur les GPU, la mémoire et l'électrification, qui sont déjà sur le devant de la scène médiatique. Il existe d'autres endroits pour fructifier sensiblement votre portefeuille avant que la meute s'en empare.
Le plus gros potentiel du jeu de l'IA à grande échelle se trouve dans une couche que le marché va mettre du temps à s'en rendre compte, une fois que la tempête obligataire sera mise en sourdine par les protagonistes. Un data center et un serveur n'ont pas uniquement besoin d'une alimentation électrique et d'un réseau de communication. Mais pour obtenir des rendements énergétiques satisfaisants, les deux doivent offrir de la bonne puissance. Sans ça, vous aurez une consommation énergivore et une lente de puissance de calcul comme si un ordinateur rame régulièrement pour exécuter des tâches.
C'est pourquoi vous devez vous intéresser au gallium, un métal plus stratégique que jamais dans le déploiement de l'IA. Voulez-vous avoir un temps d'avance sur la prochaines avancées de l'IA ? Les restrictions des exportations chinoises ouvrent en réalité des opportunités uniques que les investisseurs occidentaux ne peuvent pas ignorer.
Cours de physique-chimie sur le gallium
De couleur argentée, le gallium figure dans la catégorie des métaux pauvres, ainsi qu'au groupe 13 du tableau de Mendeleïev (ou classification périodique). Son point de fusion, température pour passer de l'état solide à l'état liquide, s'élève à 29,76 °C, ce qui est relativement bas pour être fondu dans la main. Le gallium reste à l'état liquide jusqu'à 2403 °C.
Le métal pauvre est composé de 31 protons (correspondant au numéro atomique) et possède une masse atomique de 69,723 u. Sa conductivité électrique est modeste, mais à l'opposé de la majorité des métaux, elle s'améliore lors du passage à l'état solide à l'état liquide, ce qui explique pourquoi le gallium consomme moins d'énergie que le silicium de base.
Quels goulots d'étranglement le gallium peut-il régler ?
Sous-produit de la bauxite, le gallium est déployé pour la production de nitrate de gallium (GaN), de l'arséniure de gallium (GaAs) et de phosphure de gallium (GaP) sous la forme de plaquettes. On les retrouve notamment dans les segments spécifiques des semi-conducteurs (wafers, circuits intégrés, dispositifs optoélectroniques) utilisés pour les applications de petite ou grande puissance : radars, satellites, LiDAR, LED, 5G, etc.
Bien que ses dérivés du gallium soient présents de manière infime dans la composition des équipements, ses propriétés attisent les convoites de la défense militaire, de la tech et de l'automobile. Par exemple, le GaN permet de moins gaspiller d'énergie, mais offre des performances cinq à dix fois supérieures en termes de puissance. De ce fait, il représente une alternative plus intéressante que le traditionnel silicium pour régler le goulot d'étranglement de l'énergie.
Le véritable goulot d'étranglement du gallium réside dans le caractère géopolitique. Le constat est implacable à tel point que les pays occidentaux ne sont pas actuellement en position de force pour assurer leur indépendance énergétique. D'une part, en 2025, 99 % de la production mondiale est garantie par la Chine, et le 1 % restant à la Russie et au Japon. D'autre part, l'Empire du Milieu occupe une part écrasante dans le raffinage du métal à partir de traces de bauxite. D'ailleurs, les restrictions des exportations chinoises du gallium et de ses dérivés au courant de l'année 2023, témoignent des tensions diplomatiques liées à la rivalité sino-américaine.
Des opportunités uniques à saisir
Sans que cela relève d'un conseil d'investissement, vous avez des entreprises cotées qui peuvent tirer profit du caractère stratégique du gallium. Je devine votre réticence à investir dans des acteurs chinois malgré leur domination sans partage. En Occident, trouvez des producteurs spécifiques à ce métal relève du parcours du combattant. La solution la plus pragmatique est d'avoir un œil avisé sur des pure players globaux comme
Rio Tinto
ou
BHP
.
Si je devais trouver de vraies opportunités uniques à saisir (et pourquoi pas les investissements d'une vie), il serait plus réaliste de vous focaliser sur la partie aval ou « distributeur ». J'attirerai votre attention sur le belge
Umicore
, spécialisé dans le recyclage des métaux spécifiques aux nouvelles technologies. Mieux encore, le titre n'est pas encore dans le scope des investisseurs malgré un cours de Bourse multiplié par 3 depuis ses plus bas en avril 2025. En bonus, vous ne subissez pas le problème de taux de change par sa cotation à Euronext Bruxelles.
Pour les investisseurs qui souhaitent rester sur la tech,
Navitas Semiconductor
est une entreprise qui va compter. Ses technologies résolvent directement le problème de l'alimentation électrique en réduisant la taille des « rack » (baies de serveur). Par conséquent, elles améliorent le rendement énergétique d'un data center. Son partenariat avec Nvidia reflète une contribution notable dans la chaîne de valeur de l'infrastructure IA aux États-Unis. En parallèle, la concurrence s'active au plus grand bonheur de la diversification de portefeuille avec des acteurs plus visibles comme
STMicroelectronics
,
Infineon
ou encore On
Semiconductor
.