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Actualité publiée le 24/08/26 11:37
Les marges de Renault vont continuer à souffrir en 2027, selon UBS
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Le marché doit s'attendre à une
poursuite de l'érosion de la rentabilité du constructeur
automobile
Renault
, commente
UBS
dans une note envoyée lundi à
ses clients.
Pour l'intermédiaire financier, Renault devrait sans
difficulté majeure atteindre ses objectifs financiers établis
pour 2026, limitant ainsi le risque de révision à la baisse
des attentes du marché à court terme. La solidité du
bilan de l'industriel laisse par ailleurs entrevoir un dividende
supérieur à 2,20 euros par action, payable en 2027, soit un
rendement proche de 8% au cours actuel.
Renault prévoit pour l'exercice en cours un taux de marge
opérationnelle proche de 5,5% et un flux de trésorerie
opérationnelle de l'automobile d'environ 1 milliard d'euros, tout
en restant attentif à l'effet potentiel du conflit au Moyen-Orient
sur les coûts des matières premières, de l'énergie
et de la logistique. Mais l'attention des investisseurs devrait
rapidement se déplacer vers 2027, avec à la clé un risque
de nette dégradation de la rentabilité.
UBS s'attend en effet à ce que la marge opérationnelle de
Renault soit inférieure à 4% l'an prochain. Ses estimations de
bénéfices pour 2027 sont ainsi inférieures de 20% à
35% aux prévisions moyennes des analystes. Cette prudence repose
sur plusieurs facteurs. D'abord, la contribution des nouveaux
modèles devrait progressivement s'essouffler. Ensuite, Renault
resterait confronté à une pression sur ses parts de
marché, en Europe comme à l'international, tandis que
l'environnement de prix devrait devenir plus difficile, notamment sur le
marché européen. Enfin, les économies de coûts
supplémentaires seraient plus limitées après les efforts
déjà réalisés.
La concurrence chinoise constitue un autre sujet de préoccupation.
Même hors segment des véhicules hybrides rechargeables, les
constructeurs chinois ont porté leur part du marché
européen à environ 6% au premier semestre de 2026, contre 4%
un an auparavant. UBS estime par ailleurs que d'éventuels droits de
douane européens sur les voitures hybrides rechargeables chinoises
pourraient mettre du temps à produire leurs effets et ne
modifieraient pas nécessairement les flux d'importation. Leur mise
en place pourrait même provoquer, dans l'intervalle, une
accélération des exportations vers l'Europe.
La banque d'affaires identifie toutefois plusieurs facteurs susceptibles
d'améliorer son scénario. La progression rapide de ses ventes
de véhicules électriques devrait permettre à Renault de
respecter ses objectifs d'émissions polluantes sur la période
2025-2027. Cette situation pourrait lui donner davantage de latitude
dans la gestion de son mix de motorisations et soutenir sa
rentabilité. L'enjeu est important, puisque Renault devrait subir
cette année un effet prix/mix/enrichissement négatif d'environ
800 millions d'euros lié notamment aux coûts des contraintes
réglementaires européennes.
Un assouplissement ou un report de certaines exigences européennes,
combiné à des mesures commerciales plus protectrices face aux
constructeurs chinois, pourrait donc constituer un soutien significatif
pour Renault, dont environ 70% des ventes sont réalisées en
Europe.
Malgré ces leviers potentiels, UBS reste à "vendre" sur le
titre Renault. La valeur s'échange selon un ratio cours de Bourse
sur bénéfice net par action estimé pour 2026
inférieur à 5, mais la banque estime qu'un multiple aussi bas
ne suffit pas à provoquer une revalorisation lorsque les marges
sont sous pression. UBS a ainsi abaissé son objectif de cours sur
l'action Renault de 28 à 26 euros. A la
Bourse de Paris
, le titre
reculait de 1,9% lundi vers 11h30, à 28,09 euros.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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