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Actualité publiée le 17/08/26 16:11
Tech, infrastructures et défense pourraient propulser les indices européens au 2e semestre
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Les actions européennes peuvent-elle faire
mieux que
Wall Street
en 2026 ? Depuis le début de l'année,
l'indice Stoxx Europe 600 s'est apprécié de 10,2%, alors que
dans le même temps le S&P 500 américain a pris 13,5%. Une
performance certes moins spectaculaire que l'indice japonais Nikkei
(+33,5%), ce dernier ayant bénéficié de l'envolée de
ses valeurs technologiques et de la faiblesse du yen.
Mais alors que les investisseurs se montrent de plus en plus
préoccupés par la valorisation des acteurs de l'intelligence
artificielle (IA), l'Europe dispose de solides cordes de rappel, selon
plusieurs bureaux d'analystes.
"Les actions européennes enregistrent leurs meilleurs afflux de
capitaux depuis dix ans, hors 2021 (et nous sommes sur le point
d'égaler les chiffres de 2021)", ont relevé les analystes de
Goldman Sachs dans une note publiée le 11 août.
Ce mouvement est "presque exclusivement porté par les investisseurs
étrangers. Nous pensons que cette situation s'explique en grande
partie par une volonté de diversification, compte tenu d'une forte
exposition aux Etats-Unis et au dollar, des valorisations
élevées aux Etats-Unis, et de positions concentrées sur
un petit nombre de titres", ont-ils souligné.
En dépit des vents contraires liés à la guerre au
Moyen-Orient, les entreprises européennes ont vu leurs
bénéfices progresser de 12% en moyenne au deuxième
trimestre, hors secteur de l'énergie, et 37% d'entre elles ont
relevé leurs prévisions pour l'ensemble de l'année,
contre seulement 7% de révisions négatives, notait Deutsche
Bank le 7 août.
La banque table désormais sur une augmentation de 15% en moyenne
des bénéfices en Europe cette année, au lieu d'une hausse
de 12% prévue précédemment.
+ Centres de données et "cloud souverain" +
Même si le secteur de l'IA a subi une correction en Bourse ces deux
derniers mois, l'intelligence artificielle "reste un thème central
en Europe comme ailleurs", note UBS. Peut-être plus qu'ailleurs,
compte tenu de la volonté du Vieux Continent de rattraper son
retard en matière d'infrastructures et de développer un
véritable "cloud souverain". "Les prévisions des entreprises
actives dans les centres de données, les équipements de
réseaux et les infrastructures électriques semblent prudentes
si les tendances actuelles de la demande persistent", ajoute la banque.
Les analystes de JPMorgan vont dans le même sens et ont
confirmé lundi leur opinion "surpondérer" sur les principaux
fabricants européens de semi-conducteurs. ASML,
Stmicroelectronics
,
BE Semiconductors, Infineon ou encore Soitec devraient continuer à
bénéficier des investissements en puissance de calcul, de
même que le spécialiste des technologies quantiques Oxford
Instruments, selon eux.
"D'autres secteurs présentent également un véritable
avantage concurrentiel. Dans le domaine des infrastructures de
télécommunications, Ericsson (technologies sans fil/RAN) et
Nokia (technologies optiques et réseaux) confèrent à
l'Union européenne une capacité de bout en bout rare, tandis
que Siemens occupe une position de leader dans l'IA industrielle et
l'automatisation définie par logiciel", indique JPMorgan.
La banque met aussi en avant les exploitants de satellites Eutelsat et
SES, qui ont été choisis par l'Union européenne pour
développer une constellation de satellites afin d'assurer la
sécurité des données gouvernementales et d'accompagner la
croissance des besoins de connectivité à l'échelle
mondiale.
+ La défense plutôt que l'automobile +
Plus généralement, le besoin de souveraineté de l'Europe
face aux menaces géopolitiques et à l'hégémonie des
grands groupes technologiques américains se traduit par des
investissements accrus dans les entreprises européennes.
La défense avait ainsi bénéficié d'un engouement
boursier très fort au début 2025 après l'annonce d'un
vaste plan d'investissement en Allemagne. Les valorisations se sont
depuis dégonflées et permettent de revenir de manière
sélective sur le secteur, selon JPMorgan.
"Nous privilégions les nouvelles capacités [militaires]
plutôt que les plateformes traditionnelles", indique la banque, qui
cite la fabrication de drones, la guerre électronique, le
réapprovisionnement en munitions et le domaine spatial comme les
segments les plus porteurs. La banque a une recommandation
"surpondérer" sur le groupe de défense britannique BAE Systems,
le spécialiste français des caméras infrarouges Exosens
ou le fabricant allemand de systèmes spatiaux OHB.
Certains secteurs de l'économie européenne présentent des
perspectives moins favorables: l'automobile est confrontée à
une hausse des coûts des matières premières et à la
concurrence chinoise, la consommation/distribution devrait subir le
double effet de la guerre en Iran et de la sécheresse, tandis que
les services informatiques traditionnels sont menacés par les
bouleversements liés à l'IA.
Les actions européennes ont globalement bien résisté aux
turbulences géopolitiques au premier semestre et ont su attirer de
nouveaux investisseurs. La poursuite du boom de l'IA pourrait amplifier
le mouvement au second semestre. A l'inverse, un retournement de ce
marché donnerait probablement un coup d'arrêt à la hausse
des indices.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
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