đ Contenu
Faute de valorisation satisfaisante, l'introduction en Bourse du fabricant du canon Caesar franco-allemand KNDS a-t-elle du plomb dans lâaile ?
mardi 30 juin 2026 Ă 19h44
(BFM Bourse) - Le Financial Times a rapporté, ce mardi, que le groupe de défense franco-allemand éprouverait des difficultés pour convaincre les investisseurs d'obtenir une valorisation supérieure à 12 milliards d'euros dans le cadre de sa prochaine entrée en Bourse. Ce qui pourrait l'inciter à reporter son entrée sur la cote.
KNDS, le fabricant franco-allemand du char Leopard, a-t-il mal choisi son moment pour rejoindre la Bourse?
Le spécialiste du militaire terrestre, également connu pour le canon Caesar, s'est mis sur la rampe de lancement pour s'introduire à la fois à la Bourse de Paris et sur celle de Francfort.
Le groupe aofficiellement fait part de cette intention le 24 juin dernier, à la suite d'un accord entre les états allemand et français portant sur la répartition du capital, qui les met sur un pied d'égalité.
Cité par l'AFP, le directeur général du groupe, Jean-Paul Alary, avait alors déclaré que l'opération était "attendue dans les prochaines semaines".
Un report peut-il toutefois survenir?Selon les indiscrétions du Financial Times, KNDS peinerait à convaincre les investisseurs de lui accorder une valorisation satisfaisante.
>>Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
D'aprÚs le quotidien britannique, qui cite des sources proches du dossier, l'entreprise a mené des discussions préliminaires avec des investisseurs, cette semaine. Certains d'entre eux auraient alors dit que le groupe valait moins de 12 milliards d'euros.
Ce qui s'avÚre bien plus faible que la valorisation de 18 milliards à 20 milliards d'euros qui avaitété évoquée en mai par Bloomberg.L'agence de presse américaine expliquait alors que ce chiffre s'inscrivait déjà en baisse par rapport aux 25 milliards d'euros qui avait été précédemment évoqués.
"Les rĂ©unions avec les investisseurs devraient se poursuivre la semaine prochaine, mais Ă moins que la sociĂ©tĂ© et ses conseillers ne concluent quâil existe une demande pour les actions Ă la valorisation souhaitĂ©e, la sociĂ©tĂ© pourrait reporter lâintroduction en bourse Ă plus tard dans lâannĂ©e, voire au-delĂ ", poursuit le Financial Times citant les sources proches du dossier en question.
Le média d'outre-Manche explique que les actionnaires actuels de la société refuseraient d'aller au bout de l'opération si la valorisation s'avÚre inférieure à 12,5 milliards d'euros.
Le quotidien rapporte qu'une dĂ©cision finale devrait ĂȘtre prise la semaine prochaine, Ă l'issue de nouvelles discussions avec les investisseurs.
Les mĂȘmes sources anonymes citĂ©es par le Financial Times rappellent toutefois que les investisseurs ont tendance Ă essayer de tirer vers le bas la valorisation lors des discussions prĂ©liminaires Ă une introduction en Bourse et peuvent trĂšs bien par la suite s'engager sur des chiffres plus Ă©levĂ©s.
Un contexte de marché délicat
Le prix d'introduction est loin d'ĂȘtre anodin.Selon Le Mondeet le Financial Times, il servira de rĂ©fĂ©rence au rachat par l'Ătat allemand d'une participation de 40% dĂ©tenue actuellement par la famille Bode-Wegmann. D'aprĂšs le quotidien britannique, Berlin se serait engagĂ© Ă payer une prime Ă la famille par rapport au cours d'introduction, ce Ă quoi s'ajouterait une soulte qui dĂ©pendrait de la performance de l'action aprĂšs l'introduction en Bourse.
Contactée par BFM Bourse, KNDS n'a pas souhaité faire de commentaire.
KNDS est l'un des principaux groupes européens d'armement terrestre. Le groupe conçoit et produit principalement des chars, des véhicules blindés, des systÚmes d'artillerie et des équipements militaires destinés aux armées. Il est né en 2015, de la fusion de Nexter Systems et de KMW (Krauss-Maffei Wegmann).
La société a réalisé 4,4 milliards d'euros de revenus en 2025, en hausse de 15,9% sur un an, avec un résultat opérationnel de 661 millions d'euros, traduisant une marge de 15%. L'entreprise comptait 11.000 employés à fin décembre.
Les récentes introductions en Bourse de groupe de défense ont suscité l'enthousiasme des investisseurs, ces derniers trimestres.
En octobre 2025, TKMS, la filiale de Thyssenkrupp spécialisée dans la construction navale militaire, avait bondi de plus de 30% lors de sa premiÚre journée de cotation. En janvier dernier, la société tchÚque CSG, spécialiste des radars, des véhicules tout-terrain et des munitions, avait levé 3,8 milliards d'euros lors de son entrée à la Bourse d'Amsterdam, signant la plus importante introduction en Bourse de l'histoire pour un groupe de défense.
Toutefois, la donne s'est récemment inversée pour les groupes de défense en Bourse. Depuis mi-février, l'indice Stoxx Europe Targeted defence, un indice paneuropéen, plonge de 22,4%.
Rheinmetall, fer de lance de la défense européenne, affiche de son cÎté une baisse de 31,4% sur trois mois. La société a récemment accusé une chute de 18,65% sur une séance,plombé par la perte d'un immense contrat, à savoir le projet de méga-frégate allemande F126.
Or d'aprÚs plusieurs médias, Rheinmetall constitue le meilleur comparable en Bourse pour les investisseurs regardant la future introduction en Bourse de KNDS.