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CAC 40: La nervosité reste palpable
vendredi 22 mai 2026 à 08h32
(BFM Bourse) -Cet article, en accès libre, est produit par l'équipe de recherche en analyse et stratégie boursière de BFM Bourse. Pour ne manquer aucune opportunité, consultez l'intégralité des analyses et découvrez nos portefeuilles en accédant ànotre espace Privilèges.
Toujours aussi nerveuses et volatiles, les oscillations duCAC 40à mesure qu'il s'approche du seuil symbolique des 8 000 points. Hier, l'indice phare parisien a terminé en baisse de 0,39% à 8 086 points, le marché encaissant une batterie d'indicateur baromètre d'activité, les PMI, très décevants en ZoneEuro.
Pour la partie services,le score ressort très largement en deçà de la barre des 50 points, à 46,4, et marque donc une contraction sévère de l'activité.
"Le secteur des services subit de plein fouet les répercussions de la guerre sur le coût de la vie, la hausse des prix de l'énergie ayant notamment fait chuter le niveau de la demande", a commenté Chris Williamson, Chief Business Economist à S&P Global Market Intelligence, qui analyse également les données "composite" (tenant compte également du score industriel): "les fortes perturbations d'approvisionnement engendrées par la guerre s'intensifient, l'enquête signalant en effet des retards de livraison de plus en plus importants. Or, ces tensions sur les chaînes d'approvisionnement ne menacent pas seulement la croissance de l'activité dans les mois à venir, mais risquent également de renforcer les tensions inflationnistes."
"Compte tenu de la hausse des indices des prix enregistrée en mai, on peut d'ores et déjà anticiper un rythme d'inflation proche des 4 % dans les prochains mois. Conjuguée à des signes toujours plus nombreux d'un retour de la contraction dans la zoneeuro, cette tendance place la BCE devant une situation de plus en plus délicate", a complété M Williamson.
La seule composante industrielle allemande repasse symboliquement sous les 50 points, à 49,9. Rappelons que le seuil des 50 sépare par construction une expansion d'une contraction de l'activité. La seule composante services pour la France ressort même... sous les 43 !
Les investisseurs continuent par ailleurs, naturellement, de surveiller la situation géopolitique entre Washington et Téhéran.
Au 84e jour de guerre, le Pakistan multiplie ses efforts de médiation pour parvenir à un accord de paix entre l'Iran et les États-Unis. Allié des Américains, Israël poursuit ses frappes sur le Liban qui connaît chaque jour un bilan de plus en plus meurtrier.
Le nouvel organisme iranien de gestion du détroit d'Ormuz a revendiqué une zone de contrôle allant jusqu'aux eaux situées au sud du port émirati de Fujaïrah, s'attirant hier les foudres de son voisin du Golfe. Téhéran contrôle la navigation dans cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Si un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, les autorités exigent que les bateaux transitant par le détroit obtiennent des autorisations des forces armées iraniennes.
Dans ces conditions, le prix du baril reste mécaniquement très ferme (105$ pour leBrent), et a des répercussions majeures sur les marchés obligataires, et provoque une résurgence de craintes inflationnistes.
Côté valeurs, deux plongeons à signaler hier à Paris: celui d'Ubisofttout d'abord, après avoir dévoilé une perte nette annuelle record et des perspectives peu engageantes pour l'exercice en cours. Le titre, en chute libre en séance, est parvenu à limiter les dégâts, pour clôturer en baisse de 2,28%. Elior ensuite (-26,76%) paieun profit warning (avertissement sur résultats) sévère. A l'inverse, Eutelsat a flambé de 22,46%, mis en orbite par l'effet "SpaceX".
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé la séance de jeudi dans le vert, à l'image du Dow Jones (+0,55%) et du Nasdaq Composite (+0,09%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a grignoté 0,17% à 7 445 points, malgré le repli de NVidia (-1,77%), qui publiait la veille au soir.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
>Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des1,1620$.
>Le baril deWTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de99,16$.
>LesTreasuries10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des4,60%.
>Quant au VIX, il valait17,44à la dernière clôture du S&P500.
Al'agenda macroéconomiquece vendredi, à suivre en priorité les données révisées de l'indice U-Mich de confiance des consommateurs américains à 16h00.
Le test des 8 000 points, en semaine 20, s'est soldé par un échec, libérant un potentiel baissier jusqu'en direction des 7 682 points. Le gap baissier du 08 mai, répondant quasi immédiatement au gap haussier du 06 mai, a envoyé un signal bien peu avenant. A voir si lepullback(rejet graphique) du 18 mai confirme cette psychologie de marché. La situation reste très nerveuse à chaque fois que l'indice se rapproche de ce seuil.
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre opinion est neutre sur l'indiceCAC 40à court terme.
On prendra soin de noter qu'un franchissement des 8362.00 points raviverait la tension à l'achat. Tandis qu'une rupture des 7940.00 points relancerait la pression vendeuse.